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Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés

Veuillez noter que la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés, datant de 1998, est en cours de révision.

Au besoin, vous pouvez contacter le Service des lieux contaminés et des matières dangereuses du Ministère par téléphone au 418 521-3950.

6.4 Terrains les plus susceptibles d’avoir un impact ou de constituer un risque significatif : le programme d'intervention sur les terrains d’établissements industriels actifs

6.4.1 Terrains visés
6.4.2 Démarche

6.4.2.1 Connaissance
6.4.2.2 Estimation des impacts et du risque
6.4.2.3 Gestion des impacts et du risque
6.4.2.4 Engagements du propriétaire
6.4.2.5 Réhabilitation volontaire

6.4.3 Échéancier
6.4.4 Lien avec les programmes existants

6.5 Autres terrains contaminés

6.6 Interventions en milieu naturel ou nordique

Figure 5 : Programme d'intervention sur les terrains utilisés à des fins industriels

Lieux d'élimination de déchets dangereux

Remplacement et démantèlement de réservoirs souterrains qui ont contenu des produits pétroliers

Sites miniers


6.4 Terrains les plus susceptibles d’avoir un impact ou de constituer un risque significatif: le programme d'intervention sur les terrains d’établissements industriels actifs

6.4.1 Terrains visés

L'expérience acquise depuis la parution de la Politique de réhabilitation des terrains contaminés en 1988 a permis de déterminer que les terrains qui ont le plus souvent un impact sur l’environnement, les biens voisins, la santé humaine, la faune ou la flore sont ceux où ont été établies ou où sont présentement établies des industries qui oeuvrent dans certains secteurs d'activité particulièrement susceptible d’émettre des contaminants. C’est la raison pour laquelle le MEF a identifié ces terrains comme devant faire l’objet d'une intervention. Pratiquement, ce choix se traduit par la mise en place du Programme d'intervention sur les terrains utilisés par des entreprises qui oeuvrent dans des secteurs d'activité industrielle susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines. Ce programme s'appliquera uniquement :

Le programme vise d’abord à établir l’état réel des terrains industriels, à en déterminer le niveau de risque et à intervenir en priorité sur ceux qui ont un impact sur l'environnement ou qui constituent un risque significatif pour la santé humaine, la faune ou la flore. Il permet ainsi :

  • d’identifier d'éventuelles sources actives de contamination de manière à les tarir, à freiner la dégradation du milieu et à réduire les coûts afférents à sa décontamination ultérieure;

  • de dissiper l'incertitude planant sur l'état réel des terrains industriels et de favoriser la planification d'une réhabilitation graduelle à long terme des terrains par leurs propriétaires, réduisant ainsi les risques de difficultés, de faillites et de transfert de propriétés contaminées au domaine public au terme de la vie active de l'établissement industriel.

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6.4.2 Démarche

La démarche est initiée par l’inscription d’une entreprise au Programme d’intervention. Dans ce cas, elle comporte cinq étapes, une étape ayant été ajoutée par rapport à la démarche générale en raison des interventions volontaires que peuvent entreprendre les industries.

6.4.2.1 La connaissance

Les propriétaires d’établissements industriels qui oeuvrent dans des secteurs d’activité susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines identifiés à l’annexe 1 doivent procéder à une caractérisation préliminaire (telle que définie dans le document intitulé Guide de caractérisation des terrains) des terrains associés à ces établissements et produire un bilan environnemental. Le contenu de ce bilan se présente sous une forme standardisée et comprend une description de l’état du terrain et de la nature du milieu environnant de même qu’une évaluation des impacts et du niveau de risque que représente le terrain pour le milieu et ses usagers.

Si des sols contaminés au-delà des critères génériques d’usage se trouvent sur le terrain, le propriétaire devra procéder dans les délais prévus à cet effet à l’inscription d’un avis de contamination au Bureau de publicité des droits (voir section 7).

Si le propriétaire du terrain visé constate la présence de contamination à la limite de son terrain, il doit aviser les propriétaires voisins. Dans certains cas, des interventions sur des terrains voisins peuvent être nécessaires si ceux-ci ont été dégradés. Ces interventions peuvent être réalisées après entente avec les propriétaires des terrains voisins visés.

6.4.2.2 Estimation des impacts et du risque

Les terrains qui sont contaminés au-delà des critères génériques d’usage doivent être évalués à l’aide de la grille de cotation (voir section 11.4). Cette grille a été élaborée dans le but de permettre une évaluation préliminaire et peu coûteuse des impacts et du risque à partir des seules informations obtenues lors d’une caractérisation préliminaire. Elle permet également de mettre la priorité sur les cas les plus problématiques. La grille de cotation découle du Système national de classification des lieux contaminés mis au point par le Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME). Elle tient compte des caractéristiques des déchets ou de la contamination, des voies possibles d'exposition et des caractéristiques des récepteurs. Un pointage est attribué pour chacun de ces éléments. Seuls les lieux qui obtiennent un pointage supérieur au pointage critique prédéterminé sont considérés comme constituant un risque significatif et doivent faire l'objet d'une caractérisation exhaustive et, le cas échéant, d’une intervention. Lorsque remplie, la grille doit être ajoutée au bilan environnemental.

La caractérisation exhaustive et, le cas échéant, l’évaluation du risque spécifique, permet de déterminer plus précisément l’ampleur réelle de la contamination et de confirmer ou d’infirmer l’existence d’impacts et d’un risque significatif.

6.4.2.3 Gestion des impacts et du risque

Les terrains qui ont un impact ou qui constituent un risque significatif doivent faire l’objet de mesures de gestion du risque. L’objectif de ces mesures est de garantir que les terrains visés n’ont plus d’impact sur l’environnement ou les biens et qu’ils constituent pas ou plus de risques significatifs pour la santé humaine, la faune et la flore, dans l’immédiat et à l’avenir.

Pour ce faire, le propriétaire du terrain peut avoir recours aux mesures décrites à la section 6.1.2.3.

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6.4.2.4 Engagements du propriétaire

Outre les exigences usuelles décrites à la section 6.1.2.4, le propriétaire du terrain doit mettre en place un programme de surveillance de la qualité des eaux souterraines et de surface là où il y a des équipements à risque. Ce programme est similaire à celui exigé lors de l’implantation de nouveaux établissements industriels (voir section 5.3) et permet à l’entreprise de détecter rapidement la présence de contamination et de réagir promptement. Ce programme doit être implanté par toutes les industries visées par le Programme d’intervention, indépendamment de l’état des terrains sur lesquels elles se trouvent.

6.4.2.5 Réhabilitation volontaire

Une fois que l’entreprise a évalué le risque que constitue son terrain et procédé, le cas échéant, aux interventions nécessaires pour mettre un terme aux impacts et réduire le risque à un niveau non significatif, elle peut, de façon volontaire, convenir avec le MEF d’un programme de réhabilitation qui lui permettra d’échelonner à court, moyen ou long terme la décontamination et la réhabilitation du terrain.

Les différentes étapes du Programme d'intervention sur les terrains utilisés par des entreprises qui oeuvrent dans des secteurs d'activité industrielle susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines sont illustrées à la figure 5.

6.4.3 Échéancier

Tous les propriétaires d’établissements industriels qui oeuvrent dans les secteurs d'activités apparaissant à l’annexe 1 doivent avoir tracé le bilan environnemental de leur terrain au plus tard 10 ans après le démarrage du programme. Les échéanciers spécifiques à chacun des secteurs d'activité et ceux des différentes autres étapes du programme d'intervention apparaissent dans le document intitulé « Programme d'intervention sur les terrains utilisés par des entreprises qui oeuvrent dans des secteurs d'activité industrielle susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines » (voir la section 11.4).

Indépendamment de l'échéancier prévu, tous les établissements industriels qui oeuvrent dans des secteurs d’activité apparaissant à l’annexe 1 doivent, lorsqu'ils cessent leur production, caractériser leur terrain, en évaluer le risque potentiel à l’aide de la grille de cotation et prendre les mesures correctrices qui s'imposent advenant le cas où le terrain aurait un impact sur l'environnement ou constituerait un risque significatif sur la santé humaine, la faune ou la flore. Cette étape sera facile à franchir pour les industries qui auront déjà appliqué les mesures prévues au programme d'intervention.

6.4.4 Lien avec les programmes existants

Le programme d'intervention sur les terrains utilisés à des fins industrielles sera partie intégrante du programme de réduction des rejets industriels (PRRI).

De plus, un type de lieu (les lieux d’enfouissement de déchets industriels) et deux types d’activité industrielle susceptibles de contaminer les sols et les eaux souterraines (l’entreposage de produits pétroliers dans des réservoirs souterrains et hors terre et l’exploitation minière) sont déjà couverts, en tout ou en partie, par des programmes ou des règlements existants. Les hyperliens conduisent à des encadrés qui suivent indiquent, pour chacune de ces activités, les liens existant entre la politique, l’encadrement actuel et, le cas échéant, le Programme d'intervention sur les terrains utilisés par des entreprises qui oeuvrent dans des secteurs d'activité industrielle susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines.

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6.5 Autres terrains contaminés

En ce qui concerne les autres terrains contaminés, c’est-à-dire ceux pour lesquels il n’y a pas de projet de réutilisation; qui n’ont pas d’impact manifeste sur la santé humaine, la faune, la flore, l’environnement et les biens; et ceux qui ne sont pas des terrains d’établissements industriels qui oeuvrent dans les secteurs d’activité les plus susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines, les seules interventions obligatoires pour le propriétaire sont les suivantes :

  • dès qu’il a pris connaissance du fait que son terrain est contaminé à la suite de la réalisation d’une étude de caractérisation préliminaire, à inscrire, dans le délai prévu, un avis de contamination au Bureau de publicité des droits (voir section 7) ;

  • prévenir, le cas échéant, les propriétaires des terrains voisins de la présence de contamination à la limite de sa propriété.

Toutefois, le propriétaire peut, en tout temps, s’engager volontairement dans un processus de caractérisation des sols et des eaux souterraines, de détermination du risque et de réhabilitation de son terrain. Pour ce faire, il suivra la démarche générale (section 6.1.2) et les outils qui s’y rattachent y compris, là où cela s’applique, la grille de cotation développée pour le Programme d’intervention sur les terrains utilisés par des entreprises oeuvrant dans des secteurs d’activité industrielle susceptible de contaminer les sols et les eaux souterraines.

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6.6 Interventions en milieu naturel ou nordique

Une intervention sur des sols ou des eaux souterraines réalisée en milieux naturel1 ou nordique2, doit avoir pour objectif de remettre le milieu dans son état initial (critère A). Toutefois, s’il est clairement démontré que l’atteinte de cet objectif de décontamination est plus dommageable pour le milieu que de laisser la contamination en place, ou que cela s’avère technologiquement impossible, une partie ou la totalité de la contamination peut être laissée en place.

En fonction des difficultés particulières rencontrées, l’objectif de décontamination à atteindre deviendra alors le critère B ou, si cela est impossible, le critère C. En dernier recours, si la contamination doit rester en place, elle devra faire l’objet de mesures CCS (confinement, contrôle et suivi) jusqu’à ce qu’il soit démontré qu’elle est en voie de résorption. Dans ce cas, le responsable devra, préalablement à la réalisation des travaux, s’entendre avec le MEF sur les mesures qui seront prises et le suivi à donner.

Dans tous les cas où l’on envisage des interventions qui ne donneront pas au terrain sa qualité initiale, une évaluation du risque écotoxicologique doit préalablement être effectuée. L’intervention proposée ne peut être réalisée que dans la mesure où elle garantit l’absence de risques significatifs pour l’écosystème.


1 On entend par milieu naturel tout terrain qui n’est pas zoné agricole, résidentiel, commercial ou industriel et qui est, habituellement mais pas obligatoirement, boisé. Le milieu naturel comprend, entre autres, mais sans s’y restreindre, les milieux critiques ou sensibles (tourbière, marais, marécage, forêt mature, etc.) et les aires protégées (réserves écologiques, les parcs, les réserves et refuges fauniques, les zones d’exploitation contrôlées (ZEC) et les pourvoiries).

2 On entend par milieu nordique tout territoire situé au nord du 55e parallèle.

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