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Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et le virus du Nil occidental

  1. Le contexte
  2. Le rôle du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs
  3. Les insecticides utilisés

3.1 Processus fédéral d’homologation

3.1.1 Fiches techniques de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire sur le B.t.i, le méthoprène et le malathion

3.2 Informations complémentaires à propos des insecticides prévus au plan d’intervention

3.2.1 Le Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.)

3.2.2 Le méthoprène

3.2.3 Impacts sur l’environnement des adulticides : resméthrine, perméthrine et malathion

Autres documents

Les moustiques chez vous

Le Bacillus thuringiensis israelensis et le contrôle des insectes piqueurs au Québec

1. Le contexte

Le plan d’intervention encadre les activités de surveillance et d’intervention au Québec.

Virus du Nil occidentalLe virus du Nil occidental (VNO) est une infection qui se transmet à l’humain par un moustique après qu’il a lui-même piqué un oiseau infecté. Ce virus est apparu pour la première fois en Amérique du Nord en 1999 dans la ville de New York et ses alentours. Son aire de distribution s’est rapidement élargie, le virus se trouvant sur la presque totalité des États-Unis. Au Canada, il a été détecté dans 7 provinces dont le Québec en juillet 2002.

Pour faire face à la situation et protéger la santé de la population, le Ministère de la Santé et des Services sociaux en collaboration avec plusieurs partenaires a élaboré un plan d’intervention de protection de la santé publique contre le virus du Nil occidental. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs est l’un de ces partenaires.

La stratégie retenue en 2006 est fondée sur une analyse, après quatre années d’observation, du risque que représente le VNO au Québec et sur la détermination des interventions à privilégier pour la prochaine saison. Ainsi, il n’y aura pas de traitements de larvicides de façon préventive en 2006. La philosophie du plan d’intervention préconise le respect de la législation existante en matière de lutte contre le VNO et prévoit l’utilisation de toutes les possibilités telles que les mesures de protection personnelle, domestique, communautaire et municipale. Toutefois, si une situation atteignait un niveau extrême, difficilement contrôlable en présence de plusieurs cas humains regroupés, l’application d’insecticides à des fins sanitaires pourrait être envisagée.

Un programme de surveillance des cas humains et des moustiques vecteurs infectés par le VNO a été mis en place afin d’assurer un suivi de la situation. Le plan d’intervention prévoit que, en cas de situation épidémique, des actions possibles seront évaluées par un comité aviseur à composition intersectorielle soutenu par un groupe d’experts. Ce comité fera, aux autorités décisionnelles, ses recommandations sur les interventions optimales contre le VNO. Un exemplaire du plan d’intervention est disponible dans le site Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux.

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2. Le rôle du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs joue un rôle de consultation et de collaboration, et s’assure, dans la mesure du possible, que l’utilisation d’insecticides est faite de manière sécuritaire, rationnelle et de façon que l’impact sur l’environnement soit réduit au minimum.

En plus d’être consulté sur le plan d’intervention, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs est interpellé principalement lors de l’utilisation d’insecticides. En effet, le plan d’intervention prévoit l’application d’insecticides, en utilisant d’abord les produits les moins toxiques comme le larvicide biologique Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.) et le méthoprène, et ensuite, le cas échéant et en dernier recours, des adulticides. Les adulticides sont des pesticides appliqués dans l’air (brumisateur, « fogger ») pour contrôler les moustiques adultes (qui volent) par comparaison aux larvicides qui sont appliqués dans le milieu aquatique pour contrôler les larves. Les adulticides ciblés ont été la resméthrine, la perméthrine et le malathion, en application aussi localisée que possible.

Le rôle du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs est de collaborer avec les autres ministères partenaires dans la gestion de ce dossier dont l’objectif est de protéger la population québécoise et de s’assurer que l’utilisation d’insecticides soit effectuée de façon sécuritaire et rationnelle afin que l’impact sur l’environnement soit réduit au minimum. L’utilisation d’insecticides pour la lutte contre le virus du Nil occidental soulève des inquiétudes, et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs en est conscient. Comparativement aux larvicides, ce sont surtout les adulticides qui peuvent entraîner des impacts négatifs sur l’environnement. Cependant, le plan d’intervention ainsi que le processus décisionnel mis en place permettent de nous assurer que leur utilisation ne sera faite qu’aux endroits où cela est justifié.

Deux lois du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs concernent particulièrement l’utilisation des pesticides au Québec, soit la Loi sur la qualité de l'environnement et la Loi sur les pesticides.

  • La Loi sur la qualité de l'environnement

En vertu du Règlement relatif à l’application de la Loi sur la qualité de l’environnement (Loi sur la qualité de l'environnement), certaines activités nécessitent l’obtention préalable d’un certificat d'autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Ainsi, l’application d’insecticides (le larvicide est un type d’insecticide) dans un milieu aquatique pourvu d’un exutoire superficiel vers un bassin hydrographique et l’application aérienne dans un milieu forestier ou à des fins non agricoles sont assujetties à l’obtention d’un certificat d'autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Par ce processus d'autorisation, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs s’assure que toutes les mesures nécessaires pour minimiser les impacts sur la santé humaine et sur l’environnement ont été prises dans le contexte où leur utilisation est nécessaire aux endroits ciblés. Chaque année, environ 30 municipalités du Québec souscrivent à un programme annuel de contrôle des insectes piqueurs avec du larvicide biologique Bacillus thuringiensis var. israelensis nécessitant une autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Dans ce dernier cas, le traitement aux larvicides est appliqué pour des raisons de nuisance.

En vertu du Règlement sur l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement, tout programme ou projet de pulvérisation aérienne de pesticides dans un milieu forestier ou à des fins non agricoles sur une superficie de 600 hectares ou plus est assujetti à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement : étude d’impact, audiences publiques possibles et décret du Conseil des ministres. La Loi sur la qualité de l'environnement permet cependant de soustraire un projet de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement dans le cas où sa réalisation est requise afin de réparer ou de prévenir des dommages causés par une catastrophe réelle ou appréhendée. Un avis de projet a été rédigé à des fins de soumission au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, conformément à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Une analyse approfondie des risques reliés au virus du Nil occidental et à ses mesures de contrôle a été réalisée. Certaines analyses sont à compléter.

  • La Loi sur les pesticides

En vertu du Règlement sur les permis et les certificats pour la vente et l'utilisation (Loi sur les pesticides), toute entreprise qui utilise des insecticides doit posséder un permis du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. De plus, les employés qui appliquent ce produit doivent détenir un certificat de qualification du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Ce certificat ne peut être obtenu que si le détenteur a réussi l'examen prescrit par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Il nous assure que l’utilisateur possède une certaine connaissance des risques associés à l’utilisation des pesticides et de la façon de les appliquer de manière sécuritaire. Enfin, toute entreprise détentrice de permis ou tout individu détenteur d’un certificat exigé en vertu de la Loi sur les pesticides doit se conformer aux normes du Code de gestion des pesticides. Le Code édicte, entre autres, des normes d’utilisation, d’entreposage et de préparation des pesticides et plus spécifiquement l'interdiction suivante :

Il est interdit d'appliquer un pesticide destiné à contrôler la présence de mouches noires ou de moustiques adultes, sauf s'il s'agit d'une application résiduelle d'alduticides effectuée en complémentarité avec une application de larvicides.

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3. Les insecticides utilisés

Le plan d’intervention prévoit l’application d’insecticides, en utilisant d’abord les produits les moins toxiques comme le larvicide biologique Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.) et le méthoprène, et ensuite, le cas échéant et en dernier recours, des adulticides. Les adulticides ciblés sont la D-trans alléthrine, la pyréthrine, la perméthrine et le malathion, en application aussi localisée que possible.

En matière de pesticides, les rôles des gouvernements du Canada et du Québec sont complémentaires. Le gouvernement du Canada est responsable de la mise en marché des produits (Loi sur les produits antiparasitaires) et le Québec de l’application de ces produits sur le terrain (Loi sur la qualité de l'environnement et Loi sur les pesticides).

3.1 Processus fédéral d’homologation

Avant d’être mis sur le marché, un pesticide doit être approuvé par Santé Canada et avoir passé à travers le processus d’homologation des pesticides. Les fabricants sont tenus de fournir à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), relevant de Santé Canada, les données analytiques complètes de la formulation du produit ainsi que l’information complète sur la protection de la santé et de l’environnement, de façon à permettre aux scientifiques de l’Agence de procéder à l’évaluation des risques. L’Agence rend le produit disponible sur le marché (homologue le produit) lorsqu’elle considère que son utilisation représente des risques acceptables pour la santé et l’environnement, dans la mesure où cette utilisation respecte les inscriptions sur l’étiquette. Selon l’Agence : « seuls les produits qui ont fait l’objet d’un examen scientifique, qui sont jugés efficaces et sécuritaires et qui ne présentent qu’un risque minime pour la santé humaine et l’environnement sont homologués par l’ARLA ».

Par ce processus fédéral d’homologation, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire possède des informations privilégiées sur les pesticides mis en marché et les impacts sur l’environnement d’un insecticide.

3.1.1 Fiches techniques de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire sur le B.t.i, le méthoprène et le malathion

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire rend disponibles dans son site Internet diverses fiches techniques portant sur les insecticides suivants et leur impact sur l’environnement :

3.2 Informations complémentaires à propos des insecticides prévus au plan d’intervention

Outre l’assurance donnée par le processus fédéral d’homologation des pesticides qui garantit que les risques sont acceptables si le produit est utilisé selon les instructions indiquées sur l’étiquette, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs encadre tout de même l’activité par sa réglementation et se documente sur les impacts touchant l’environnement. Voici quelques-unes de ces informations.

3.2.1 Le Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.)

  • Impacts sur l’environnement du Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.)

Le Bacillus thuringiensis var. israelensis (B.t.i.), appelé aussi Bacillus thuringiensis serovar H-14, est un larvicide biologique homologué au Canada depuis 1982. En 1994, le ministère de l'Environnement demandait aux chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières de produire un document sur le B.t.i. et sur le contrôle des insectes piqueurs au Québec. Dans ce document, on traite du rôle des insectes piqueurs dans l’environnement, entre autres, et on donne des informations générales sur le B.t.i. (ex. : mode d’action, paramètres influençant les applications de contrôle) et sur les les impacts environnementaux de l’utilisation du B.t.i. sur la faune non ciblée, sur les écosystèmes aquatiques, sur la chaîne alimentaire, sur le développement potentiel d’une résistance au B.t.i., etc. Pour prendre connaissance du résumé de l'étude de 2004.

Enfin, en avril 1999, le ministère de l'Environnement adressait à l’organisme fédéral responsable de l’homologation, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, une liste de questions sur le B.t.i. et sur les impacts des traitements appliqués avec ce larvicide. Enfin, vous trouverez aussi une fiche préparée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs sur ce produit.

De façon générale, le B.t.i. est reconnu pour être un produit larvicide très sélectif, c’est-à-dire qu’il n’est toxique que pour un très petit nombre d’espèces, en l’occurrence, les larves de diptères et en particulier les larves de mouches noires et de moustiques. Les études que l’on possède et les documents scientifiques, comme celui réalisé par les chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières pour le compte du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, le confirment. Ainsi, l’application du B.t.i., conforme aux doses opérationnelles recommandées, présente des risques allant de nuls à négligeables pour les espèces qui pourraient être exposées, comme les mammifères, oiseaux, poissons ou batraciens.

Concernant les invertébrés aquatiques qui pourraient être présents dans le plan d’eau lors de l’application du produit, les études indiquent que la très grande majorité des espèces ne sont pas affectées (ex. : mollusques, crustacés, libellules, demoiselles, coléoptères, patineuses, etc.). La plupart des organismes susceptibles d’être affectés sont certaines espèces qui sont proches parents des moustiques et des mouches noires (ordre des diptères). Ces organismes sont des chironomidae (mouches et moucherons), dixidae, chaboridae, ceratopogonidae et blephariceridae. Certaines espèces sont affectées à des doses opérationnelles (mortalité ou dérive des organismes), mais la plupart de ces organismes ne seraient affectés qu’à des doses beaucoup plus élevées que celles recommandées pour les traitements opérationnels, d’où l’importance d’une certaine qualification des utilisateurs.

Les applications de B.t.i. dans un programme de prévention et de contrôle du virus du Nil occidental visent à détruire les larves de moustiques. Puisque ces larves se développent la plupart du temps dans les eaux stagnantes sans exutoire, telles que les mares, plans d’eau attribuables à la fonte des neiges, etc., les impacts de l’application du produit sont réduits. En effet, l’application est localisée et il n’y a pas de dispersion du produit en aval. En ce qui concerne l’impact sur la chaîne alimentaire, bien que peu d’études traitent du sujet, il semble que cet impact soit faible puisque les organismes qui se nourrissent des larves de moustiques ou des moustiques adultes modifient leur régime alimentaire. En fait, il ne semble pas y avoir d’organismes qui se nourrissent exclusivement de moustiques. Cet impact est d’autant plus faible que l’écosystème est diversifié (présence d’un grand nombre d’espèces).

Soulignons que le ministère de l'Environnement a soutenu financièrement une étude en 2002-2003 afin de rechercher du B.t.i. dans l’environnement naturel québécois. Parmi la centaine d’échantillons prélevés, un seul isolat de B.t.i. a été confirmé, et les tests effectués ne peuvent distinguer cet isolat d’une souche commerciale de B.t.i. couramment utilisée.

Malgré que le B.t.i. soit un larvicide biologique sélectif dont les impacts sur l’environnement et la santé humaine semblent très faibles, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs considère toutefois que l’utilisation des pesticides doit être faite de façon rationnelle et sécuritaire. Ainsi, la disparition d’un organisme vivant, en l’occurrence les moustiques (larves ou adultes), constitue un impact en soi. La durée de cette disparition et l’ampleur de la superficie concernée sont à prendre en compte pour mesurer cet impact. C’est pourquoi la réglementation existante, autant fédérale que québécoise, balise de tels traitements.

  • Mode d’action

(Texte tiré de : J. Boisvert et J.O. Lacoursière, 1994, Le Bacillus thuringiensis var. israelensis et le contrôle des insectes piqueurs au Québec, document préparé pour le ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec, 74 p.)

Contrairement à d'autres sous-espèces de B.t. qui nécessitent la présence de cristaux et de spores pour induire la mort chez un insecte (ex. le B.t. kurstaki contrôlant la tordeuse du bourgeon de l'épinette et le B.t. aizawai utilisé pour détruire la fausse-teigne de la cire infestant les ruches d'abeilles), l'effet insecticide du B.t. israelensis provient exclusivement du cristal, et il agit donc comme le ferait un poison. Les spores et les cellules végétatives du B.t.i. ne sont aucunement impliquées dans le processus insecticide (Becker et Margalit, 1993).

Lorsqu’elles sont ingérées par une larve, les inclusions cristallines sont partiellement dissoutes dans le liquide alcalin du tractus digestif, libérant ainsi de longues chaînes de protéines qui sont les différents précurseurs des toxines; elles ont donc été nommées les protoxines ou ∂-endotoxines (delta-endotoxines) (figure 5, étapes 1 et 2). Ces longues chaînes de protéines sont par la suite sectionnées par des enzymes (les protéases) pour produire de petites molécules de grosseurs prédéterminées : les segments toxiques, dénommés « toxines ». Le crystal du B.t.i. contient au moins quatre de ces segments toxiques, chacun possédant sa propre activité (figure 5, étape 3) (Ibarra et Federici, 1986; Ward et autres, 1986; Becker et Margalit, 1993). Bien que le mode d'action précis de chacune de ces molécules ne soit pas pleinement élucidé, il est maintenant connu que l'intoxication est le résultat combiné de l'action de chacune d'elles (Delecluse et autres, 1988; Federici et autres, 1990; Honée et Visser, 1993).

Le cristal de Bacillus thuringiensis var. israelensis est un « poison stomacal ». D'après plusieurs études physiologiques et immunologiques, les cellules de la paroi de la portion médiane du tractus digestif sont le site initial de l'action toxique (de Barjac 1978; Hofmann et Lüthy, 1986). Après la libération des segments toxiques par le liquide alcalin et les enzymes, ces molécules se fixent sur des récepteurs spécifiques situés sur la membrane des cellules formant le tube digestif (figure 5, étape 4), immobilisant ainsi les toxines sur la membrane de ces cellules (Honée et Visser, 1993). Par la suite, provoquées par le déséquilibre biochimique induit par l'activité des toxines, les cellules affectées se gonflent et éclatent (figure 5, étapes 5, 6 et 7), causant la perforation de la paroi du tube digestif (Charles et de Barjac, 1983). Cela provoque le passage de suc digestif dans la cavité corporelle de l'insecte et le mouvement inverse de l'hémolymphe (l'équivalent du sang chez les insectes) (figure 5, étape 7). Bien que certains effets neurotoxiques ont aussi été observés (Cheung et autres, 1986), il semble qu'une perte complète d'intégrité causée par l'éclatement de leur tube digestif serait la cause de la mort des insectes empoisonnés aux cristaux de Bacillus thuringiensis var. israelensis (Lüthy et Ebersold, 1981; Chilcott et autres, 1990).

Plusieurs étapes sont donc nécessaires à l'obtention d'un effet toxique occasionné par des cristaux de Bacillus thuringiensis var. israelensis. Dans des conditions naturelles, c'est-à-dire dans son habitat, un insecte doit, pour mourir :

  • ingérer le cristal de B.t.i., donc le capturer et l'avaler;
  • posséder un tube digestif à pH hautement alcalin;
  • posséder les enzymes capables de libérer les molécules toxiques; et
  • posséder les récepteurs adéquats, c'est-à-dire compatibles aux toxines.

La présence ou l'absence de récepteurs cellulaires appropriés semble être un des facteurs clés de la haute spécificité des cristaux de B.t. (c’est-à-dire un effet limité à un petit nombre d'espèces sensibles). Considérant que le type de protéines assemblées dans l'inclusion cristalline peut varier entre sous-espèces de B.t., l'intensité de l'effet toxique observé serait donc le résultat de la grande affinité ou du grand nombre de récepteurs présents chez une espèce d'insecte donnée (Honée et Visser, 1993). Cela explique sans doute la différence de susceptibilité d'un insecte aux cristaux des différentes sous-espèces de B.t. Par exemple, les cristaux de B.t. var. kurstaki sont très actifs contre les lépidoptères, mais ils ne démontrent qu'une faible activité contre les moustiques et sont inefficaces contre les mouches noires, tandis que les cristaux de B.t. var. israelensis sont très actifs contre les moustiques et les mouches noires, mais ils n'ont qu'une faible activité, voire une activité nulle, contre les larves de lépidoptères (Federici et autres, 1990; Dulmage et autres, 1990).

Les insectes les plus susceptibles aux cristaux de B.t.i. sont pour la très grande majorité membres de la même « famille », c'est-à-dire qu'ils proviennent tous d'un même ancêtre lointain qui vécut voici des millions d'années. Le spectre d'activité du B.t.i. est principalement restreint aux membres des nématocères (sous-ordre), un sous-groupe de l'ordre des diptères. Cependant, les plus hauts taux de susceptibilité ne se trouvent que parmi certains membres d'un sous-groupe, les culicomorpha (infra-ordre) regroupant entre autres les familles des culicidae (les moustiques), des simuliidae (les mouches noires) et une grande partie des moucherons (chironomidae, ceratopogonidae et autres), les moustiques et les mouches noires étant les plus susceptibles (figure 2). Probablement à cause de certaines variations génétiques et comportementales au sein de ces deux familles, il existe des différences de sensibilité entre les espèces formant chacune de ces familles, de même que parmi les différents stades larvaires d'une même espèce.

L'activité larvicide du Bacillus thuringiensis var. israelensis provient de sa structure cristalline. Le spectre d'activité étroit démontré par les cristaux de B.t.i. – c'est-à-dire une spécificité pour un nombre restreint d'espèces d'insectes – tient donc de facteurs comportementaux (liés à l'ingestion obligatoire des protoxines, les cristaux), physiologiques (alcalinité et enzymes) et finalement génétiques (récepteurs cellulaires compatibles aux toxines). Les recherches sur le mode d'action et les causes physiologiques de la sélectivité des cristaux de B.t.i. se poursuivent.

  • Persistance dans l’environnement

(Texte tiré de : J. Boisvert et J.O. Lacoursière, 1994, Le Bacillus thuringiensis var. israelensis et le contrôle des insectes piqueurs au Québec, document préparé pour le ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec, 74 p.)

Lorsque l'on parle de la persistance du B.t.i. dans l'environnement, on se doit de tenir compte de trois éléments : la persistance de l'effet toxique des cristaux, la persistance physique du cristal en tant qu'agglomération de protéines et la persistance de la bactérie sous forme de spore.

La persistance de l'effet toxique du B.t.i. dépend principalement de la disponibilité des cristaux (voir section 3.1 et figure 6). De façon générale l'effet toxique de la majorité des formulations commerciales sur la faune cible, à l'exception des briquettes, s'estompe rapidement suivant un degré de toxicité initial élevé jusqu'à sa disparition en moins de quelques jours dans une mare (Mulligan et autres, 1980; Davidson et autres, 1981; McLaughlin et Billodeaux, 1983; Mulla, 1985), et en quelques minutes en eau courante (la période d'activité toxique se limite au passage du « nuage » d'insecticide). L'éclosion et le développement de nouvelles larves de moustiques sont observables trois ou quatre jours suivant un traitement de leur habitat (Mulla, 1990). Cette faible persistance de l'activité toxique est attribuable à la floculation, à l'adsorption et à la sédimentation des cristaux de B.t.i., et ce, malgré que leur durée de vie – c’est-à-dire leur présence physique – s'étende sur plusieurs années en laboratoire et sur le terrain (Dupont et Boisvert, 1985). Les cristaux ainsi « immobilisés » conservent leur potentiel toxique pour les espèces sensibles et demeurent amorphes pour tout organisme ne possédant pas les conditions physiologiques nécessaires à leur activation. Cette immobilisation n'est pas nécessairement permanente puisqu'une agitation et une resuspension des sédiments peuvent rétablir une partie de l'activité toxique (Sheeran et Fisher, 1992). De même, on a pu récupérer près de 90 % de l'activité toxique des cristaux de B.t.i. par filtration des sédiments, et ce, jusqu'à 22 jours suivant leur application (Ohana et autres, 1987).

Bien que la germination des spores et la croissance des cellules végétatives soient possibles dans les cadavres de moustiques traités au B.t.i. (Aly, 1985), cette bactérie est incapable d'établir et de maintenir un degré d'infection apte à contrôler une population naturelle de moustiques ou de mouches noires (Ramoska et autres, 1981).

Aucun cas d'activité larvicide résiduelle n'est rapporté en eaux courantes, bien que des cristaux de B.t.i. ont été retrouvés dans les tapis d'algues, de mousse et d'herbes recouvrant le fond de cours d'eau, de même qu'à plus de 60 cm sous le lit de ceux-ci dans la zone appelée « hyporhéique » (Tousignant et autres, 1993). À partir des échantillons prélevés, des mortalités allant de moins de 10 % (herbes et sédiments fins) à plus de 90 % (tapis d'algues et de mousse) ont été observées en laboratoire sur des larves de moustiques. Les cristaux, comme les spores, sont donc « filtrés » par ces différents compartiments de l'habitat, lorsque l'eau chargée de ces substances y circule. Des études menées en Suède (Vought et autres, 1991) et aux États-Unis (Triska et autres, 1989) sur le comportement des pollutions agricoles ont clairement démontré la présence d'un échange d'eau important entre le cours d'eau, son lit et ses berges – l'eau entre dans le lit ou les berges pour en ressortir plus loin, agissant ainsi comme un filtre. Aucune étude sur le comportement des spores et des cristaux de B.t.i. n'a cependant été conduite pour déterminer combien de temps ils demeurent « immobilisés » dans ces zones.

Les cristaux et les spores de B.t.i. sont présents dans l'écosystème aquatique pour une période qui excède celle de l'activité toxique. La durée de vie d'un cristal de B.t.i. n'est pas précisément connue, mais en tant que matériel organique – tout comme les poils, les os et la cuticule d'insectes – les cristaux de B.t.i. sont éventuellement dégradés et leurs constituantes recyclées dans l'écosystème. La vitesse à laquelle ces cristaux seront recyclés sera dépendante de l'activité enzymatique du milieu – cette activité est liée entre autres à la présence d'organismes (ex. : algues, bactéries et moisissures) et à la température du milieu. Il n'y a pas, à notre connaissance, d'études exhaustives concernant l'accumulation et la durée de vie des cristaux et des spores de B.t.i., à la suite de traitements répétés. Cependant, dans les zones où la réinvasion est grande (comme au Québec), les doses et l'intensité des traitements demeurent semblables au cours des ans, ce qui semble indiquer qu'il n'y a pas pour le moment de phénomène attribuable à la persistance des cristaux et de l'activité toxique de même qu'à la germination et à la multiplication de la bactérie – c’est-à-dire. un recyclage du B.t.i.. Ces constatations sont une indication de la faible persistance dans l'environnement du B.t.i. provenant des formulations insecticides.

  • Trois fiches ou documents

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3.2.2 Le méthoprène

  • Impacts sur l’environnement du méthoprène

L’utilisation du méthoprène comme larvicide de moustiques ne devrait pas avoir d’effets nocifs sur les populations d’oiseaux, de mammifères ou de poissons (Extoxnet, 2001).

En ce qui a trait à la toxicité pour les oiseaux, des études ont démontré que le méthoprène est pratiquement non toxique pour les espèces terrestres, incluant le canard colvert et le colin de Virginie, et qu’il n’avait pas d’effet sur la reproduction de ces deux espèces d’oiseaux (Environmental Protection Agency, 2001). De fait, la DL50 du méthoprène pour le canard colvert est plus élevée que 2250 mg/kg (Extoxnet, 2001).

Pour ce qui est des organismes aquatiques, le méthoprène est légèrement à modérément toxique chez les poissons comme la truite, le crapet-soleil, l’achigan à grande bouche et la barbue de rivière. De fait, la CL50 pour une exposition de 96 heures étaient de 4,62 ppm pour le crapet-soleil, de 4,39 ppm pour la truite, et supérieurs à 100 ppm pour l’achigan à grande bouche et la barbue de rivière. Les résidus de méthoprène pourraient avoir un léger potentiel de bioaccumulation chez le crapet-soleil et l’écrevisse. Cependant, l’exposition des organismes aquatiques est limitée par la faible solubilité (0,51 ppm) du méthoprène dans l’eau et par sa dégradation rapide dans l’environnement aquatique (Extoxnet, 2001).

Le méthoprène semble très toxique pour certaines espèces d’invertébrés d’eau douce, les invertébrés estuariens et les invertébrés marins. Cependant, les organismes marins ne devraient pas être exposés à des traitements larvicides contre les moustiques (Extoxnet, 2001). La daphnie semble très sensible au méthoprène, car la CE50 semble être de 89 ppb pour 48 heures d’exposition (Environmental Protection Agency, 1991). Pour d’autres espèces, le méthoprène est peu toxique avec une CL50 de plus de 100 ppm pour la crevette d’eau douce (Extoxnet, 2001). Récemment, les résultats d’études sur le terrain exigées pour la réévaluation du méthoprène par l’Environmental Protection Agency (EPA) démontrent que ce pesticide n’entraîne pas d’effets néfastes de longue durée sur les populations d’invertébrés ou d’autres organismes aquatiques non visés. Les répercussions nuisibles n’étaient pas permanentes et les populations touchées ont pu se rétablir (ARLA, 2001). Des études de risque ont démontré que la concentration de l’ingrédient actif dans l’environnement aquatique, si le produit est utilisé selon les recommandations indiquées sur l’étiquette, devrait être sous les niveaux qui sont toxiques lors des études en laboratoire (EPA, 2001).

Des études extensives portant sur les effets écologiques du méthoprène sur des espèces d’arthropodes aquatiques et terrestres non visées et apparentées aux moustiques ont révélé qu’elles n’étaient pas affectées par le méthoprène à des concentrations de 1000 ppb (EPA, 2001). Le méthoprène semble présenter peu de danger pour les insectes non visés. Le facteur critique est le moment du traitement en relation avec le stade de développement de l’insecte. Peu de risques sont associés à l’utilisation du méthoprène à proximité des abeilles. Le méthoprène a peu d’effets sur les 35 espèces non visées exposées, incluant les vers de terre, les escargots, etc. (Extoxnet, 2001).

Le méthoprène semble toxique pour les amphibiens comme les grenouilles, les crapauds et les salamandres (Extoxnet, 2001). Cependant, les taux d’application recommandés et la dégradation rapide du méthoprène dans l’eau devraient empêcher la concentration dans l’eau d’atteindre les niveaux dommageables pour les amphibiens (Extoxnet, 2001). Des études de laboratoire ont indiqué que le méthoprène présentait un faible risque pour les amphibiens à des taux rencontrés dans l’environnement (La Clair et autres, 1998) et que les produits de la dégradation du méthoprène ne semblaient pas affecter les amphibiens (Degitz et autres, 2001).

  • Mode d’action

Le méthoprène est un régulateur de croissance analogue à l’hormone juvénile présente naturellement chez les moustiques. Pour être efficace sur les moustiques, le produit doit être appliqué directement dans l’eau où se trouvent les larves de moustiques. Lorsque les larves de moustiques sont exposées au méthoprène, leur cycle biologique est perturbé, car la présence constante de l’hormone juvénile inhibe la métamorphose en adulte des larves et maintient ainsi les propriétés larvaires. En effet, pour que le passage du stade larvaire vers le stade adulte se réalise, les niveaux de l’hormone juvénile doivent s’abaisser, ce qui permet à l’hormone de mue de réaliser son action. Les larves traitées vont donc se transformer en pupe, mais la forme adulte n’émergera pas de la pupe. Ainsi, le méthoprène est considéré par l’EPA comme un pesticide biochimique, car plutôt que d’engendrer une toxicité directe pour l’insecte, il agit de façon indirecte en interférant dans le cycle biologique; il n’est donc pas toxique pour les pupes et les adultes. Pour être efficace, le méthoprène doit être appliqué au stade sensible dans le cycle biologique, soit le stade larvaire (Extoxnet, 2001).

  • Persistance dans l’environnement

Le méthoprène est peu persistant dans les sols et ne présente pas de risques de contamination des eaux souterraines. C’est la biodégradation microbienne qui constitue la voie principale de dégradation dans les sols. Le méthoprène se dégrade aussi rapidement en présence de lumière. On a estimé sa demi-vie dans les sables loameux à environ 10 jours. Il n’a pas tendance à être lessivé vers l’eau souterraine, car il s’adsorbe rapidement aux particules de sol (Extoxnet, 2001).

Le méthoprène se dégrade rapidement dans l’eau et il a une demi-vie de moins de 2 jours dans ce milieu. Par exemple, la demi-vie dans l’eau d’un étang est d’environ 30 heures à 1 ppb et de 40 heures à 10 ppb. Les micro-organismes et la lumière décomposent le méthoprène (Extoxnet, 2001).

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Fiche sur le méthoprène

3.2.3 Impacts sur l’environnement des adulticides : resméthrine, perméthrine et malathion

L’utilisation d’adulticides occasionnera des impacts sur les espèces non ciblées. Nous n’avons pas présentement d’études à grande échelle qui permettraient de quantifier ces impacts. Deux études ont toutefois été menées à petite échelle sur ces questions. Jensen et autres (1999) n’ont pas observé d’effets importants sur les insectes aquatiques et les poissons dans les opérations de contrôle de moustiques des marais avec du malathion. La population d’insectes volants a diminué, mais elle est revenue après 48 heures. Mount (1998) conclut que les applications terrestres à très faible volume (ULV) selon les inscriptions sur l’étiquette ne représentent pas une menace pour les humains et les organismes utiles non ciblés.

Aucun produit contre les moustiques adultes actuellement sur le marché n’est sélectif, c’est-à-dire toxique uniquement pour les moustiques. Tous les produits sont toxiques pour la plupart des insectes. Ce dont nous pouvons juger, c’est de l’impact appréhendé entre les produits disponibles, ce qui permet de favoriser le produit de moindre impact. C’est dans ce sens qu’ont été choisis les insecticides prévus au plan d’intervention. Les adulticides choisis sont la resméthrine, la perméthrine (traitement barrière) et le malathion.

L’utilisation de produits à base de pyréthrinoïdes synthétiques, comme la resméthrine ou la perméthrine, est plus sécuritaire lors de leur application en milieu terrestre. Ils se dégradent plus rapidement et leurs produits de dégradation sont peu toxiques par rapport à ceux du malathion. La demi-vie de la resméthrine dans l’air est de 25 minutes, celle de la perméthrine de 10 heures, et celle du malathion de 1,5 jour. Les pyréthrinoïdes sont plus toxiques pour les animaux à sang froid que pour les animaux à sang chaud et, par le fait même, plus sécuritaires pour les humains, les mammifères et les oiseaux. Pour les traitements près des milieux aquatiques, le malathion serait préférable, malgré des impacts très probables.

Les produits utilisés pour les traitements contre les moustiques adultes seront utilisés selon la technique d’application à ultra bas volume. Cette technique fait en sorte que le produit est appliqué sous forme de brouillard et que les doses utilisées sont très faibles, afin de minimiser les impacts sur l’environnement. À titre d’exemple, un traitement terrestre avec un des produits ciblés – le produit Mosquito Fog 40 % (numéro d’homologation 15187) à base de resméthrine – n’utilisera que 7,85 grammes de resméthrine à l’hectare (environ ½ cuillerée à thé sur une superficie de 1 hectare - six patinoires). Pour le malathion, la dose contre les moustiques est beaucoup plus faible que celle utilisée en agriculture, soit respectivement de 0,29 l/ha et de 1,17 l/ha.

Les produits existants et homologués contre les moustiques adultes ne sont pas sélectifs relativement aux insectes et aux organismes aquatiques, c’est-à-dire qu’ils sont toxiques pour tous ces organismes et non pas seulement pour les moustiques. Malgré un dosage adéquat, on peut s’attendre à ce qu’une utilisation de ces produits soit toxique pour les organismes de poids égal ou plus faible que les moustiques. Des mesures d’application adéquates (respect des recommandations indiquées sur l’étiquette concernant les doses, les conditions climatiques, les appareils performants, le moment du traitement (nuit/jour), etc.) avec des bandes de protection pour certains éléments sensibles, si ces mesures ne compromettent pas la réussite du traitement, permettent de minimiser les risques et les impacts. De plus, la technique de vol des moustiques (ils semblent flotter dans les airs) les rend plus susceptibles d’entrer en contact avec le produit appliqué selon la technique d’application à ultra bas volume (brouillard).

Site d'intérêt

Institut national de santé publique du Québec


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