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Code de gestion des pesticides (Article 73)Plan de réduction des pesticides sur les terrains de golf - GuideMise à jour : Mai 2006
Avant-propos
5 - Résultats souhaités
7 - Démarche schématisée Avant-proposCe guide présente le cadre général des plans de réduction des pesticides sur les terrains de golf. Il propose une démarche visant à fournir les informations nécessaires pour élaborer un plan de réduction des pesticides en vertu de l’article 73 du Code de gestion des pesticides. Le guide comprend deux parties maîtresses :
Par ailleurs, l'introduction expose les caractéristiques du plan de réduction des pesticides ainsi que les exigences et les objectifs visés. 1 - IntroductionLes espaces verts tels que les terrains de golf jouent un rôle important dans la qualité de vie en milieu urbain. Les plantes (gazon, arbres, arbustes, fleurs, etc.) contribuent au bien-être des citoyens. Souvent, les surintendants de terrains de golf se sentent contraints de respecter les exigences des golfeurs, qui réclament en tout temps des surfaces gazonnées conformes aux normes pour les tournois professionnels. Les hauteurs de tonte sont alors très basses, ce qui stresse énormément les plantes, favorisant ainsi le développement des organismes nuisibles et, notamment, un usage plus important de pesticides. L’application routinière des pesticides crée non seulement une dépendance envers ces produits, mais augmente également les risques d’exposition de la population aux pesticides et les risques de contamination de l’environnement. Les pesticides sont des produits toxiques pour les organismes nuisibles, qui peuvent également être nocifs pour les espèces vivantes autres que celles visées, y compris l’être humain. L’utilisation des pesticides augmente les risques de pollution et d’atteinte à la santé des personnes responsables de leur application, des golfeurs et golfeuses ainsi que de la population en général. Selon le Bilan des ventes de pesticides pour l'année 2001, pour le secteur de l’horticulture ornementale, qui comprend les terrains de golf, les entreprises d’entretien des espaces verts et les municipalités, les ventes de fongicides majoritairement utilisés sur les terrains de golf représentent 27 685 kilogrammes d’ingrédients actifs (kg/i.a.). Pour les herbicides et les insecticides, les quantités sont plus difficiles à discriminer entre les entreprises, les municipalités et les terrains de golf, toutefois pour l’ensemble de ce secteur représentent 119 801 kg/i.a. pour les herbicides et 1119 kg/i.a pour les insecticides. L’utilisation des pesticides varie d’un terrain de golf à l’autre, certains exploitants ayant déjà amorcé un virage afin de réduire l’utilisation de ces produits. Le gouvernement du Québec a donc choisi comme approche d’exiger, par l’adoption du Code de gestion des pesticides, un plan de réduction des pesticides pour tous les terrains de golf au Québec. 2 - Objectifs du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des ParcsLes objectifs poursuivis relativement à l’élaboration d’un plan de réduction des pesticides pour les terrains de golf sont les suivants :
3 - Exigences de l’article 73 du Code de gestion des pesticidesLe propriétaire ou l’exploitant d’un terrain de golf qui y applique ou y fait appliquer un pesticide doit, à tous les trois ans, à compter du 3 avril 2006, transmettre au ministre un plan de réduction des pesticides. Ce plan doit contenir les renseignements suivants :
Ce plan doit être signé par un agronome membre de l’Ordre des agronomes du Québec. 4 - Stratégie ou approche pour réduire l’utilisation des pesticides4.1 Une approche de lutte intégrée (IPM) La lutte intégrée est une approche basée sur l’adoption de méthodes préventives des infestations par les organismes nuisibles. Cette approche permet de réduire l’exposition des personnes aux pesticides et d’en restreindre l’utilisation, puisque ceux-ci ne sont utilisés qu’en dernier recours. Cette approche ne se limite pas au remplacement des pesticides chimiques par des pesticides moins nocifs, notamment des biopesticides; elle s’attaque à la source du problème. La lutte intégrée est donc la combinaison la plus appropriée de divers moyens (exemples de moyens à l’annexe A) permettant de maintenir l’activité d’une population d’organismes nuisibles sous un niveau tolérable. Le recours à cette approche dans l’écosystème d’un terrain de golf repose sur une connaissance approfondie des facteurs responsables du développement des organismes nuisibles, mais avant tout sur la connaissance du milieu et des diverses interactions qui s’y produisent. Il faut savoir comment les conditions météorologiques, la biologie des espèces cultivées (agrostide, pâturin du Kentucky, etc.) et les activités humaines influent sur la population d’organismes nuisibles et utiles, et connaître leur récurrence annuelle ainsi que leurs fluctuations saisonnières. Cette approche fait appel à des méthodes dynamiques utilisant peu de recettes préétablies; ces méthodes évoluent au fur et à mesure que l’écosystème du terrain de golf est mieux connu et que l’on approfondit sa connaissance de la biologie des organismes nuisibles et utiles. Elle doit également s’adapter aux nouveaux problèmes et aux stress biotiques et abiotiques qui surviennent périodiquement. La lutte intégrée s’inscrit dans une démarche préventive plutôt qu’en réaction à un problème particulier, cherchant en quelque sorte à régler les problèmes à leur source et à éviter leur apparition. 5 - Résultats souhaitésLe ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs désire que tous les intervenants du milieu des terrains de golf prennent conscience de la nécessité de réduire les risques de contamination de l’environnement, l’eau en particulier, et les risques pour leur santé, et ce, par une gestion plus environnementale qui se traduit par l’application d’un plan de réduction des pesticides. Dans un contexte de développement durable, la gestion d’un terrain de golf doit s’appuyer sur une approche de la lutte intégrée. En somme, « il faut revenir à l’harmonie avec la nature, qui fait partie de la tradition du jeu et de son plaisir1 ». Pour atteindre les objectifs visés, il est plus que souhaitable de mettre à contribution les différents intervenants et individus (propriétaires, surintendants, employés, golfeurs, etc.) travaillant ou fréquentant le terrain de golf. Tous les terrains de golf sont visés par l’article 73, quelles que soient les quantités de pesticides utilisées. L’article 73 cible prioritairement la réduction de l’usage de pesticides sur les verts, les allées, les tertres, les roughs et les trappes de sable. Toutefois, les objectifs de réduction des pesticides peuvent s’étendre à l’ensemble du terrain (plates-bandes, étangs sans exutoire, arbres, arbustes, etc.). Les exploitants de terrains de golf qui utilisent peu ou très peu de pesticides sur les parcours ou qui ont atteint un plateau minimal d’utilisation de pesticides doivent obtenir un document signé par un membre de l’Ordre des agronomes du Québec attestant cette situation. De surcroît, le plan de réduction des pesticides devrait porter sur les autres espaces verts du terrain, sur des essais de technologies de pointe (par exemple en concluant des ententes écrites avec des chercheurs) ou encore sur l’adhésion à un programme de certification tel que le Audubon Cooperative Sanctuary System of Canada. Les efforts de réduction doivent être dirigés particulièrement vers les catégories de pesticides les plus utilisées, c’est-à-dire les fongicides. Il faut toutefois inclure dans son plan toutes les catégories de pesticides (fongicides, herbicides, insecticides, rodenticides, algicides, etc.), en indiquant les superficies traitées pour chacune des catégories. C’est en établissant un programme de lutte intégrée que vous atteindrez vos objectifs de réduction. Un programme de lutte intégrée est basé sur les éléments suivants :
Il est donc fondamental que le pourcentage de réduction par catégorie de pesticides soit représentatif de ce qui peut être réellement fait pour réduire à un niveau minimal l’utilisation des pesticides sur le terrain de golf. Dès le premier plan de réduction, les efforts consentis doivent mobiliser l’ensemble des moyens pour réduire l’usage des pesticides sur le terrain. Les objectifs de réduction par catégorie de pesticides des plans de réduction subséquents s’appuieront sur ces résultats; ainsi, il sera possible de déterminer des pourcentages de réduction de pesticides efficaces et réalistes. Au Québec, nous pouvons prendre pour exemples les terrains de golf assujettis à des règlements municipaux et ceux ayant pris l’initiative d’adopter l’approche de la lutte intégrée. Ceux-ci ont réduit de plus de 30 % les quantités de pesticides appliquées. En conséquence, le pourcentage de base de réduction des pesticides par catégorie de pesticides devrait être d’au moins 25 %. Notez que la substitution d’un pesticide pour un autre qui exige une dose d’application moindre pour une même superficie traitée ne peut être retenue que si ce pesticide a une toxicité (aiguë, chronique), une persistance et des impacts sur l’environnement (abeilles, faune aquatique, aviaire, terrestre, etc.) beaucoup plus faibles.
6 - Plan de réduction6.1 Partie I – Phase préparatoire Pour arriver à présenter un plan de réduction dûment signé par un agronome, il est recommandé, durant la phase préparatoire de trois ans, que le surintendant travaille de concert avec un agronome membre de l'Ordre des agronomes du Québec. Le plan de réduction signé par un agronome doit contenir les recommandations formulées par ce dernier pour atteindre les pourcentages de réduction de pesticides établis par catégorie sur une période de trois ans. Le propriétaire ou le gestionnaire du terrain est responsable du suivi des recommandations de l'agronome. Par ailleurs, l'agronome doit établir un diagnostic des forces et des faiblesses des différentes superficies traitées avant d'élaborer ses recommandations. Il est responsable des moyens qu'il propose pour l'atteinte des objectifs visés par le plan. En signant le plan, l'agronome engage sa responsabilité professionnelle et atteste qu'en élaborant ses recommandations il a suivi les normes de pratique généralement reconnues dans le domaine des espaces verts et respecté les règles de l'art. En vertu de son code de déontologie, l’agronome a également l’obligation de prendre les moyens nécessaires pour maintenir à jour ses connaissances et ses compétences. À cet égard, il représente un partenaire pour atteindre les objectifs de réduction des pesticides en fonction des plus récentes connaissances scientifiques et techniques. Voilà pourquoi il est important d'impliquer l'agronome dès le départ dans la réalisation du plan de réduction des pesticides, et de bien documenter le plan. La compilation, par écrit, des politiques de gestion, des cibles visées et des actions mises en œuvre pour réduire les pesticides est indispensable pour assurer une gestion efficace à moyen et à long terme. Cette compilation nécessite la prise en compte des méthodes d'observation, de suivi et de dépistage des organismes nuisibles, des mesures préventives, des pratiques culturales et des moyens de lutte pour atteindre les objectifs de réduction des pesticides. Voici les éléments de base de cette phase préparatoire :
6.2 Partie II – Élaboration du plan 6.2.1 Objectifs de réduction et moyens privilégiés (art. 73, par. 3° et 4°) La structure du plan de réduction est fonction du plan de gestion de lutte intégrée relatif à votre terrain de golf. Ainsi, à partir des données et des informations de la phase préparatoire, vous êtes en mesure, pour chaque catégorie de pesticides, de définir la moyenne des trois années de compilation les objectifs de réduction et les actions qui devront être mises en œuvre pour les atteindre. Le plan de réduction des pesticides n’est pas seulement l’inscription de pourcentages ou de quantités de réduction pour les différentes catégories de pesticides. Au cours des trois années d’application, vous devez compiler plusieurs informations et données afin de respecter votre engagement de réduction et être en mesure, le cas échéant, de justifier les fluctuations des quantités de pesticides utilisées. Ces informations et données sont les suivantes :
6.2.2 Mesures prises pour réduire la migration des pesticides à l’extérieur du site (art. 73, par. 5°) Le plan doit contenir la description des mesures mises en œuvre pour éviter la migration des pesticides à l’extérieur du site, comme :
6.2.3 Bilan (art. 73, par. 6°) Le plan doit également contenir un bilan des résultats obtenus au regard du plan de réduction établi pour les trois années antérieures, les raisons justifiant que les objectifs aient été atteints ou non et les correctifs à apporter, le cas échéant, afin d’être en mesure d’élaborer le plan de réduction subséquent. Dans une démarche logique, le bilan doit se faire annuellement afin de s’ajuster et de modifier ou de conserver les moyens choisis pour réduire l’usage des pesticides sur le terrain. Les données obtenues doivent être analysées en vue de réévaluer la stratégie d’intervention, toujours dans l’optique de diminuer l’utilisation des pesticides. | |||||