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Guide de bonnes pratiques pour la gestion des véhicules hors d'usage

5. Démantèlement et pressage


La contamination des sols et de l’eau résulte généralement de l’aménagement inadéquat des aires de démantèlement et de pressage de même que des aires d’entreposage de pièces contaminées et des VHU.

Il est important que des mesures soient prises pour éviter que des huiles se retrouvent dans l’environnement, puisque de petites quantités d’huile peuvent contaminer de grandes quantités d’eau. Par exemple, un litre d’huile peut contaminer de façon significative un million de litres d’eau.

5.1 Aire d’entreposage des VHU

Pour prévenir l’écoulement de MD dans l’environnement, les VHU doivent être vidangés de leurs fluides (soit les lubrifiants, l’essence, le lave-glace et autres résidus liquides) au plus tard 6 mois après réception par le recycleur de pièces d’autos usagées. Lors de la réception du VHU par l’entreprise de démantèlement, celui-ci doit être inspecté pour s’assurer qu’aucun fluide ne s’écoule de la carcasse. Dans le cas où il y aurait écoulement, le véhicule doit être vidangé immédiatement ou des mesures doivent être prises, telles que l’entreposage sur une aire imperméable avec les aménagements décrits au point 5.2.

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5.2 Aire de démantèlement

Les zones de travail pour les opérations de démantèlement doivent être imperméables afin d’empêcher la contamination des sols ou de l’eau par de l’huile ou un autre fluide. Il n’y a généralement pas de problème lorsque ces opérations se font à l’intérieur sur un plancher bétonné.

Dans le cas où il est impossible d’effectuer les opérations de démantèlement à l’intérieur d’un bâtiment, l’aire de démantèlement devrait être installée sous un abri pour éviter de contaminer les eaux de ruissellement.

Lorsque cette aire est à l’extérieur d’un bâtiment et qu’elle n’est pas placée sous un abri, les eaux de ruissellement doivent être récupérées et analysées avant leur rejet dans l’environnement ou dans le réseau d’égout municipal. Lorsque la concentration des huiles et des graisses excède les exigences contenues dans un certificat d’autorisation ou les normes fixées dans un règlement municipal, ou que le rejet de ces eaux a un impact négatif sur l’environnement en vertu du deuxième alinéa de l’article 20 de la LQE, les recycleurs doivent posséder les équipements nécessaires pour le traitement des eaux ou les structures nécessaires pour contenir les eaux contaminées avant leur pompage par une firme spécialisée.

Les eaux de nettoyage des aires de démantèlement de même que les déversements doivent être récupérés par un réseau de drainage et dirigés vers un système de traitement dont l’effluent doit respecter les exigences contenues dans le certificat d’autorisation donné en vertu de l’article 32 de la LQE. Comme pour les eaux de ruissellement, des structures peuvent être utilisées pour contenir les eaux contaminées avant leur pompage par une firme spécialisée.

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5.3 Aire d’entreposage des pièces

Comme les zones de démantèlement, l’aire d’entreposage des pièces de rechange contaminées par de l’huile ou par une autre matière polluante pour l’environnement doit être imperméable afin d’empêcher la contamination des sols ou de l’eau. Si elle n’est pas à l’intérieur d’un bâtiment, cette aire devrait être placée sous un abri pour empêcher le lessivage des MDR par les intempéries.

Les eaux de nettoyage et les déversements de même que les eaux de ruissellement de l’aire d’entreposage, s’il y a lieu, doivent être gérés comme il est décrit au point 5.2.

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5.4 Aire de pressage

Les presses doivent être munies de capteurs de liquide pour permettre de recueillir les fluides du VHU qui n’auraient pas été récupérés adéquatement. De plus, elles doivent être installées sur une plate-forme étanche afin d’éviter la contamination des sols ou de l’eau par des huiles ou un autre fluide. Les terrains où les presses sont installées ne sont pas toujours bien nivelés, et il arrive que le bac de récupération en dessous de la presse ne soit pas de capacité suffisante, ce qui peut entraîner des débordements. Cette plate-forme peut consister en une surface bétonnée compatible avec les produits pétroliers susceptibles de s’y retrouver.

Il est recommandé de placer l’aire de pressage sous un abri pour éviter de contaminer les eaux de ruissellement. Les eaux de nettoyage et les déversements de même que les eaux de ruissellement de l’aire d’entreposage, s’il y a lieu, doivent être gérés comme il est décrit au point 5.2.

Les fluides recueillis dans le bac sous la presse doivent être éliminés conformément au RMD. La gestion des fluides collectés lors du pressage est normalement la responsabilité du propriétaire des lieux où s’effectue l’opération, soit, dans la majorité des cas, le recycleur de pièces d’autos usagées.

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5.5 Aire d’entreposage des carcasses des VHU après le pressage

Les recycleurs de métaux entreposent de grandes quantités de carcasses et de réservoirs de carburant, ce qui présente des risques d’incendie. Le plus souvent, les carcasses sont entreposées dans un énorme bloc, ce qui rend les interventions très difficiles en situation d’urgence.

Pour faciliter les interventions en cas d’incendie, les carcasses devraient être entreposées en îlots et non dans un seul bloc. D’ailleurs, c’est pourquoi dans le Règlement sur les pneus hors d’usage (REPHU), l’entreposage en îlots est exigé pour les pneus.

L’aire d’entreposage des carcasses d’automobiles devrait être séparée en îlots d’une superficie d’au plus 900 mètres carrés. Une route devrait la ceinturer et être située à au moins 5 mètres de chaque îlot. Les aménagements présentés ci-dessus sont basés sur le REPHU.

De plus, un programme de prévention d’incendie et de mesures d’urgence devrait être mis au point par chacun des déchiqueteurs, comme il est exigé dans le REPHU.

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5.6 Gestion des eaux huileuses

Le nettoyage des aires de travail, des aires d’entreposage et des pièces souillées par des huiles et graisses génère des eaux huileuses. Ces eaux doivent être traitées avant d’être rejetées dans l’environnement. Souvent, des détergents sont utilisés, ce qui a pour effet d’émulsifier les huiles et ainsi de rendre inefficace le séparateur eau-huile conventionnel. Il s’ensuit souvent une contamination en huile au-delà des exigences ou des normes prescrites pour les rejets à l’égout ou dans l’environnement.

5.6.1 Options pour le nettoyage des pièces et des planchers

Des efforts doivent être faits pour minimiser l’utilisation d’eau pour le lavage des pièces ou des planchers, ce qui contribuera à diminuer le volume des eaux à traiter. L’utilisation de savon pour le nettoyage devrait être réduite au maximum. Préférablement, aucun savon ne devrait être utilisé pour le nettoyage des planchers des aires de démantèlement et d’entreposage de même que des pièces récupérées dans les VHU.

Par exemple, des produits absorbants devraient être utilisés pour ramasser les excès d’huile sur les planchers. L’utilisation de savon rend très difficile le traitement subséquent des eaux contaminées. L’utilisation de solvants pour le nettoyage des pièces permet également de réduire le volume des eaux huileuses à traiter. Les systèmes de nettoyage avec solvants fonctionnent généralement en circuit fermé, ce qui implique qu’il n’y a pas de rejets à l’égout.

Le nettoyage à pression des planchers et des pièces avec de l’eau chaude et de la vapeur constitue une bonne solution de rechange pour faciliter la gestion des eaux huileuses. Le nettoyage avec de la vapeur génère de faibles quantités d’eau normalement traitables par les séparateurs d’huile conventionnels, si aucun savon n’est utilisé.

5.6.2 Traitement des eaux huileuses

Le traitement des eaux huileuses devrait normalement être précédé d’une opération de décantation à l’aide d’un intercepteur de sédiments, pour récupérer les particules grossières et éviter de colmater le système.

Ce sont des séparateurs eau-huile qui sont le plus souvent utilisés pour le traitement des eaux huileuses. Ces systèmes sont composés d’un réservoir dans lequel la séparation des huiles et de l’eau se fait par gravité. Des chicanes sont souvent présentes dans un séparateur car elles permettent de régulariser l’écoulement. L’huile, ayant une densité inférieure à celle de l’eau, se retrouve à la surface du réservoir. Ensuite, elle est collectée par un tuyau de sortie situé près de la surface et accumulée dans un réservoir. Un autre tuyau de sortie est utilisé pour maintenir le niveau d’eau constant dans le séparateur.

Les séparateurs conventionnels eau-huile ne sont pas conçus pour traiter les produits chimiques solubles dans l’eau, comme l’antigel, le lave-glace et les détergents ou les produits chimiques insolubles dans l’eau, comme les solvants. Aucun détergent qui émulsifie les huiles de même que les huiles émulsifiées elles-mêmes ne doivent donc être rejetés dans un tel système. De plus, ce type de séparateur fonctionne mal pour traiter des huiles diluées dans de grandes quantités d’eau. À noter qu’un séparateur d’huile conforme au code de plomberie n’est pas acceptable pour le traitement des eaux huileuses, puisque les exigences relatives à sa conception sont insuffisantes pour assurer un traitement efficace.

Les eaux de ruissellement doivent normalement respecter une norme de 15 parties d’huile par million de parties d’eau (ppm) avant leur rejet dans l’environnement, soit dans un lac, un ruisseau ou un fossé. S’il est effectué dans le réseau d’égout municipal, le rejet doit être conforme aux exigences de la municipalité, qui se situent habituellement entre 15 et 30 ppm.

La technologie actuellement disponible pour le traitement des eaux huileuses permet de rejeter un effluent contenant 15 ppm d’hydrocarbures pétroliers. Il y a quelques années, les exigences ou les normes fixées dans les règlements ou les certificats d’autorisation se rapportaient au paramètre des huiles et graisses. À la suite de l’analyse de plusieurs résultats, le paramètre des hydrocarbures pétroliers a été jugé plus pertinent pour évaluer la contamination en huile. La méthode d’analyse utilisée pour mesurer la quantité des huiles et graisses présente dans un échantillon surestime la concentration de ces éléments, puisque d’autres contaminants sont également mesurés.

En l’absence de traitement approprié pour les eaux huileuses, celles-ci devraient être collectées dans un réservoir pour être ensuite récupérées et éliminées par une entreprise autorisée.

5.6.3 Autorisation d’un système de traitement des eaux huileuses

En vertu de l’article 32 de la LQE, un certificat d’autorisation est requis pour l’installation du système de traitement des eaux huileuses. C’est dans ce certificat que pourront être fixées les exigences en hydrocarbures pétroliers pour l’effluent à la sortie du système de traitement des eaux huileuses, de même que les fréquences et la méthode d’échantillonnage de cet effluent et les paramètres à échantillonner.

Pour les séparateurs d’huile existants, un programme de suivi des rejets doit être mis en place afin de s’assurer de leur efficacité. Les hydrocarbures pétroliers constituent le paramètre de suivi le plus adéquat.

La méthode d’analyse devant être utilisée pour déterminer la quantité d’hydrocarbures pétroliers présente dans l’eau est la suivante :

« Dosage des hydrocarbures pétroliers (C10 à C50), ministère de l’Environnement du Québec, MA.400 – HYD.1.0 »

 

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