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Projet hydroélectrique Eastmain-1-A
et dérivation Rupert
Le projet retenu
Historique du projet
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ),
signée en 1975, prévoyait la mise en place d’un certains nombre
d’aménagements hydroélectriques, notamment le projet
Nottaway-Broadback-Rupert (NBR). Ce projet, de très grande envergure et
pouvant comprendre jusqu’à six centrales hydroélectriques sur la rivière
Rupert, sept centrales sur la rivière Broadback et la création de plusieurs
réservoirs de grande dimension auraient eu des impacts biophysiques et
sociaux indéniables pour les communautés actuelles de Mistissini, Waswanipi
et Waskaganish. Avec la signature de l’Entente concernant l’établissement
d’une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris en
février 2002 (La Paix des Braves), ce projet sera définitivement abandonné
avec la réalisation du projet de centrale de l’Eastmain-1-A et dérivation
Rupert.
Le projet de 4 milliards de dollars vise la dérivation d’une
partie du débit de la rivière Rupert vers le bassin versant de La Grande
Rivière, en plus d’ajouter deux nouvelles centrales au parc d’équipement du
promoteur par la construction de la centrale de l’Eastmain-1-A et de la
Sarcelle. Le projet comprend également la construction d’ouvrages de
contrôle qui permettront de maintenir des débits réservés écologiques dans
la portion de la rivière Rupert à débit réduit. La dérivation des eaux vers
le réservoir Eastmain-1 requiert la création de deux biefs1, ce
qui entraînera un ennoiement de superficies terrestres.
Les variantes considérées
Le promoteur a élaboré son projet en soumettant pour analyse
un certain nombre de variantes de dérivation qui ont été discutées avec les
Cris et qui ont été présentées dans l’étude d’impact. Le ministère de
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) a retenu dans
son analyse des variantes proposées des critères tel que la superficie
terrestre ennoyée, la protection des terres de catégorie II définies dans la
CBJNQ ou la réduction des longueurs de rivières dont le débit serait réduit.
La variante de dérivation retenue est la variante Cramoisy du nom d’un lac
situé à proximité du passage des eaux dérivées. Cette dernière protège les
terres de Catégorie II de Mistissini et limite à la fois la superficie
terrestre ennoyée par la dérivation et réduit la longueur de la rivière où
le débit sera réduit.
Le projet retenu
Le projet autorisé par le MDDEP dans le cadre de la
procédure d’évaluation nordique d’examen des impacts sur l’environnement et
le milieu social comprend les composantes suivantes :
-
la construction et l’exploitation de la centrale de
l’Eastmain-1-A d’une puissance nominale totale de 768 MW, à la sortie du
réservoir Eastmain 1;
-
la construction et l’exploitation de la centrale de la
Sarcelle d’une puissance nominale totale de 125 MW, à la sortie du réservoir
Opinaca;
-
la construction d’un barrage en enrochement de 474 m de
longueur et de 29 m de hauteur, avec une crête d’une largeur de 9 m, au
point kilométrique PK 314 de la rivière Rupert;
-
la dérivation d’une partie des eaux de la rivière Rupert
vers le réservoir Eastmain 1, effectuée au moyen du bief Rupert amont (au
sud) et du bief Rupert aval (au nord) reliés entre eux par un tunnel d’une
longueur de 2,9 km qui passe sous le lac de la Sillimanite. Les eaux
dérivées provenant de la rivière Rupert emprunteront par la suite le
parcours des eaux du réservoir Eastmain 1 jusqu’à l’embouchure de La Grande
Rivière en passant par la rivière Eastmain, le réservoir Opinaca, le lac
Boyd, le lac Sakami, la rivière Sakami, le réservoir Robert-Bourassa;
-
les eaux dérivées seront turbinées aux deux nouvelles
centrales (Eastmain-1-A et de la Sarcelle) ainsi qu’aux centrales existantes
(Robert-Bourassa et La Grande 1), permettant ainsi de maximiser la
production d’énergie hydroélectrique à partir de nouvelles installations et
d’installations existantes;
-
la construction d’un ouvrage de contrôle des débits
(évacuateur de crues) au PK 314 de la rivière Rupert, permettant la
restitution de débits réservés écologiques dans la rivière Rupert. Ces
débits, modulés en fonction des saisons, assureront la protection du cycle
vital des espèces piscicoles présentes;
-
la construction d’ouvrages de contrôle sur la rivière Lemare,
la rivière Nemiscau, le ruisseau Arques et le ruisseau Kayechischekaw,
permettant la restitution des débits naturels de ces cours d’eau affectés
par un bief et assurant l’intégrité sur le plan biologique;
-
la construction de huit ouvrages hydrauliques sur la rivière
Rupert afin de maintenir les usages sur la rivière en aval de l’ouvrage de
contrôle et de préserver 91 % du domaine aquatique, ainsi que la
fonctionnalité des frayères, des habitats d’alimentation des poissons et des
herbiers aquatiques;
-
la construction de deux lignes de transport d’énergie à 315
kV, permettant de raccorder les centrales de l’Eastmain-1-A et de la
Sarcelle au réseau québécois;
-
l’aménagement de huit campements pour loger les
travailleurs, dont trois campements existants et cinq campements
temporaires;
-
la construction d’environ 255 km de routes et de chemins et
l’amélioration d’environ 105 km de chemins existants;
-
la construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau
potable pour desservir la communauté de Waskaganish.
Justification du projet
Sur le plan de la justification du projet, le MDDEP tire les
conclusions suivantes :
-
le promoteur pourra profiter des infrastructures existantes
pour produire de l’énergie additionnelle à un coût avantageux;
-
le projet est viable sur le plan économique en raison du
coût de production, des coûts de réalisation et des prévisions raisonnables
de profits sur les marchés internes et extérieurs;
-
le projet peut contribuer dans une large part à se pourvoir
de la marge de manœuvre souhaitée de 15 TWh qui aidera le promoteur à parer
aux aléas de la demande interne et à être à même de profiter des marchés
d’exportation;
-
en raison de la révision à la baisse des prévisions des
approvisionnements additionnels requis à l’horizon 2014, l’amélioration de
la marge de manœuvre du promoteur et l’exportation sont les motifs
primordiaux du projet, motifs dont le Ministère reconnaît la légitimité en
tant que stratégie d’entreprise et qui sont conformes à la stratégie
énergétique du Québec;
-
le projet contribuera à augmenter les dividendes que le
promoteur versera au Gouvernement du Québec, au profit de l’ensemble de la
société québécoise;
-
il n’existe à ce jour aucune solution ou aucune combinaison
de solutions de rechange pouvant garantir les mêmes avantages opérationnels
et économiques que le projet;
-
la production éolienne représente un complément intéressant
au projet et sera avantagée par sa réalisation, mais elle ne saurait le
remplacer.
1 Un bief se distingue d’un réservoir par un
marnage réduit, une faible capacité d’emmagasinement et, en général, des
habitats de meilleure qualité du point de vue biologique.

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