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La gestion de leau au QuébecDocument de consultation publique (suite)Les eaux souterraines
Les eaux souterrainesLétat et le statutAu Québec, l'eau est omniprésente au sein des myriades de pores, fractures et autres interstices des formations géologiques. Cette eau souterraine constitue une ressource naturelle renouvelable en raison des précipitations qui l'alimentent. Elle nest pas statique. Elle circule sous l'ensemble du territoire et ses zones de résurgence permettent le maintien, particulièrement en période détiage, du régime hydrique des eaux de surface et des écosystèmes qui en dépendent. Ainsi, leau souterraine est accessible, en quantité et à des coûts acceptables, sur la majeure partie du territoire. Pour les régions habitées, les réserves renouvelables disponibles sont évaluées à environ 200 kilomètres cubes. L'eau souterraine extraite correspond à 0,2 % de cette réserve et elle est utilisée selon les proportions suivantes :
En vertu du Code civil du Québec, leau souterraine est un bien de propriété privée relié à la propriété immobilière. Tout propriétaire d'un fonds peut utiliser les eaux souterraines et en disposer comme bon lui semble sous réserve des limites posées par la loi et le droit commun. Ainsi, sur le plan de la qualité, la Loi sur la qualité de l'environnement lui interdit de la contaminer. Le gouvernement peut donc agir à lencontre dune contamination en autant que lacte de contamination soit démontré. Le propriétaire dun fonds peut également capter la quantité deau souterraine quil veut en autant quil népuise pas laquifère au détriment des autres utilisateurs. En effet, le Code civil permet un recours contre celui qui épuise leau. Toutefois, il appartient à lusager lésé dassumer le fardeau de la preuve. Les usages et la qualitéAu Québec, leau souterraine constitue la source dapprovisionnement en eau la plus accessible économiquement, en raison de son abondance, de sa qualité et de sa proximité avec le lieu de consommation. Il sagit donc dune ressource qui joue un rôle clé dans la croissance démographique et économique des régions du Québec. Pour les petites et moyennes collectivités, la qualité de leau souterraine en fait une solution de rechange attrayante à leau de surface, comme source deau potable, en raison de son faible coût de traitement. Ainsi, pour près de 1,5 million de personnes, soit 20 % de la population, réparties sur les neuf dixièmes du territoire habité du Québec, la ressource eau souterraine constitue la source privilégiée d'alimentation en eau potable. La moitié est alimentée par des ouvrages de captage à usage domestique, alors que l'autre est desservie par des réseaux de distribution. Les usages de leau souterraine (utilisation, potentiel dutilisation ou maintien dun écosystème) exigent de celle-ci une qualité adéquate. Au Québec, de manière générale, les eaux souterraines présentent une qualité satisfaisante pour répondre adéquatement à lensemble des besoins en eau de la société. Toutefois, le maintien de cette qualité comporte des contraintes sur le déroulement de certaines activités humaines sur le territoire, lesquelles ne devraient pas compromettre les usages de la ressource eau souterraine. Le risque de contamination des eaux souterraines que pose lutilisation du territoire par lêtre humain est non seulement fonction de la nature des activités humaines et de leur intensité, mais également de la vulnérabilité des eaux souterraines. De plus, bien que les usages de leau souterraine constituent des formes dutilisation du territoire, les schémas daménagement des municipalités régionales de comté ne les prennent généralement pas encore en considération. Les municipalités qui se sont dotées de règlements de zonage destinés à contrôler les usages du territoire susceptibles de porter atteinte à la ressource eau souterraine sont très peu nombreuses. Ainsi, malgré le fait que le ministère de lEnvironnement recommande la détermination de périmètres de protection de laire dalimentation des ouvrages de captage deau souterraine depuis 1984, seulement quelques municipalités ont réalisé cet exercice. Il est à noter que la correction dune situation de contamination des eaux souterraines est généralement onéreuse, voire impossible dans certains cas. Pour cette raison, il importe den prévenir lapparition. Une contamination des eaux souterraines est dite « diffuse », lorsque la source de contamination couvre une superficie relativement importante du territoire. Cette source est généralement mal définie, variable et intermittente d'un point à un autre du territoire concerné. Ainsi, les sels de déglaçage utilisés sur les routes constituent une menace qui nécessite la mise en uvre de mesures préventives dans certains cas. La fertilisation des terres et l'utilisation de pesticides, effectuées de façon récurrente, peuvent être à l'origine de contamination diffuse. C'est en milieu rural, par l'activité agricole, que ces pratiques sont réalisées le plus souvent de façon intensive. Cette situation est préoccupante, car l'eau souterraine est la principale source d'approvisionnement en eau potable des citoyens qui vivent en milieu rural. Ainsi, entre 1970 et 1992, quelque 36 % des réseaux daqueduc alimentés par leau souterraine ont présenté, à un moment ou lautre de ces 22 années, une contamination par des nitrates. Les concentrations mesurées ont été supérieures à 1 milligramme par litre (mg/l), mais ont rarement dépassé la norme de 10 mg/l pour leau potable. Il est à noter que des concentrations supérieures à 10 mg/l ont été détectées également dans certains puits individuels. Mentionnons que la consommation deau dont la concentration en nitrates est supérieure à la norme peut causer des problèmes sanguins, particulièrement chez les très jeunes enfants. Toutefois, aucun cas de ce genre na été formellement rapporté au Québec depuis de nombreuses années. Une contamination des eaux souterraines est dite « ponctuelle », lorsque la source de pollution présente une extension géographique relativement restreinte. Tout entreposage déficient ou toute manipulation inadéquate de substances ou matières présentant un potentiel de contamination peut être à lorigine dune contamination ponctuelle des eaux souterraines. De nombreux aménagements, lorsque déficients ou mal gérés, peuvent être en cause : champs d'épuration de fosse septique, lieux d'élimination des déchets, réservoirs souterrains d'hydrocarbures, etc. Un problème particulièrement répandu est la contamination bactériologique des ouvrages de captage à usage domestique. Ainsi, léclosion de maladies entériques résultant de la consommation dune eau souterraine contaminée survient régulièrement au Québec. De 1989 à 1995, 45 épidémies liées à la consommation deau souterraine ont été signalées au réseau de la santé publique, affectant plus de 1 800 individus. Ces cas ne représentent par ailleurs quune fraction du nombre total déclosions dorigine hydrique, car de nombreux cas ne sont pas détectés ni signalés au réseau de la santé publique et échappent ainsi à la surveillance épidémiologique. Limpact du captage sur lexploitation de la ressourceLa protection de la qualité de leau souterraine nest pas notre seule préoccupation. En effet, la gestion des quantités deau extraites peut également savérer problématique. Limplantation dun ouvrage de captage génère, dans sa périphérie, des rabattements de la nappe phréatique (abaissement des niveaux deau) qui samenuisent graduellement, au fur et à mesure quon séloigne de louvrage. Ces rabattements peuvent nuire à lexploitation dun autre ouvrage de captage situé à proximité, tarir une source, assécher une zone humide ou réduire de façon significative le régime hydrique environnant (niveau dun lac, dun cours deau). Certains cas isolés ont dailleurs été recensés au Québec au cours des dernières années, notamment à Saint-Omer dans la Baie des Chaleurs et à Sainte-Thérèse-de-Blainville. De même, certains conflits locaux entre usagers de la ressource commencent à poindre. Dans certaines régions, des citoyens sinquiètent de limportance des prélèvements exercés au regard des besoins futurs en eau des citoyens et pour des activités agricoles. Le développement de divers secteurs dactivité et une occupation accrue du territoire augmentent les besoins en eau. Cet accroissement, couplé dans certains cas à une rareté de la ressource, augmente les risques de conflits dusage au niveau local pour lavenir, même si à léchelle régionale il ny a pas lieu de croire que la ressource eau souterraine connaisse, à lheure actuelle, un état de surexploitation susceptible de compromettre son exploitation durable. La connaissanceUne gestion régionale des eaux souterraines sur la base de la formation géologique aquifère apparaît difficile présentement vu que les données hydrogéologiques ponctuelles disponibles sont rarement suffisantes à cette échelle. Il existe peu de documents d'interprétation d'ensemble des données sur une base locale ou régionale (cartes hydrogéologiques). La délimitation des formations géologiques aquifères, leur potentiel dexploitation, leur vulnérabilité, leurs aires de recharges, la qualité des eaux souterraines qui sy écoulent, les liens avec les milieux récepteurs (plans deau, cours deau, milieux humides) sont autant de renseignements qui sont souvent incomplets ou encore disséminés au sein de divers organismes publics et parapublics. Actuellement, le fardeau de lacquisition de la connaissance hydrogéologique est reporté essentiellement sur le dos des promoteurs assujettis à un processus dautorisation gouvernemental qui comporte, entre autres exigences, le dépôt dune étude hydrogéologique. Il sagit donc dune approche cas par cas. Lorsquune problématique particulière déborde léchelle dun projet, telle une pollution diffuse des eaux souterraines à la grandeur dune région ou la concentration dun nombre important dusagers dans une même localité, le volume de connaissances hydrogéologiques à acquérir pour évaluer les impacts dun projet devient beaucoup plus important, de telle sorte quil est souvent un fardeau économique particulièrement lourd à assumer par un seul promoteur. Actuellement, seuls les captages destinés à lapprovisionnement dun réseau de distribution deau potable ou à des fins dembouteillage deau de source ou deau minérale font lobjet dun processus dautorisation du gouvernement. Le questionnementTous ces éléments dinformation nous amènent à considérer certaines questions.
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