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Sanguinaire du CanadaSanguinaire du Canada

Sanguinaria canadensis Linné
Famille des papavéracées (famille du pavot)
Bloodroot, puccoonroot, red puccoon

Statut : vulnérable au Québec

DESCRIPTION

Plante herbacée vivace, à latex rouge sang, acaule (la feuille et la fleur émergeant directement du rhizome), formant souvent des colonies denses au sol. Feuille unique, épaisse, réniforme, de 15 à 30 cm de diamètre et découpée en de grands lobes sinueux. Fleur solitaire, portée par un long pédoncule et formée de 2 sépales décidus et de 8 à 16 pétales blancs de 2,5 à 4 cm de longueur. Étamines nombreuses. Fruit : une capsule oblongue ou fusiforme à 2 valves, de 2 à 2,5 (5) cm de longueur.

Espèces voisines : aucune.

Traits distinctifs : grande feuille charnue, de forme globalement ronde avec de profonds sinus; latex rouge sang; fleurs blanches à plusieurs pétales tombant facilement.

RÉPARTITION

Périphérique nordRépartition de la sanguinaire du Canada au QuébecRépartition de la sanguinaire du Canada en Amérique du Nord

Amérique du Nord : du Manitoba au Nouveau-Brunswick et du Dakota du Nord à la Louisiane et à la Géorgie.

Québec : Outaouais, Laurentides, Lanaudière, Mauricie, Capitale-Nationale, Montérégie, Centre-du-Québec, Estrie, Chaudière-Appalaches, puis en Gaspésie; limite septentrionale à la baie des Chaleurs, Petite-Rivière-Cascapédia.

HABITAT

Érablières à caryer et à tilleul; milieux riches, surtout rocheux ou humides.

BIOLOGIE

Espèce poussant à l’ombre. Floraison au tout début du printemps. Fleurs épanouies pendant deux jours, parfois cinq. Pollinisation par les insectes ou autopollinisation. Feuille persistant tout l’été. Les graines possèdent une caroncule charnue qui attire les fourmis, ce qui contribue à leur dispersion. Première floraison après deux à trois ans de croissance.

PROBLÉMATIQUE DE CONSERVATION

Les conditions favorables à la croissance de la sanguinaire du Canada ne se rencontrent que dans les forêts riches et humides du sud du Québec. Bien que sa disparition ne soit pas appréhendée pour le moment, plusieurs facteurs contribuent à sa raréfaction : le broutage par le cerf de Virginie, la coupe forestière, certaines pratiques non appropriées d’aménagement forestier et la destruction de son habitat résultant du développement urbain et agricole. Le prélèvement de spécimens entiers à des fins horticoles ou médicinales exerce également une pression non négligeable sur les populations de l’espèce. Comme il faut plusieurs années à un plant pour atteindre une taille intéressante pour le commerce, il est tentant pour les fournisseurs de s’approvisionner directement en milieu naturel, la culture en serre ou tout autre moyen de propagation en milieu contrôlé nécessitant plus d’investissements.

Désignée espèce vulnérable au Québec en 2005, la sanguinaire du Canada bénéficie de la protection de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Les interdictions touchant cette espèce se limitent toutefois à la récolte de plus de cinq spécimens entiers ou parties souterraines en milieu naturel ou à la vente d’un seul de ces spécimens. Selon les données du réseau NatureServe, la sanguinaire du Canada est menacée au Manitoba et vulnérable en Nouvelle-Écosse. Aux États-Unis, les botanistes considèrent qu’elle est très menacée au Texas et menacée en Louisiane et dans le Rhode Island.

CONTRIBUTION AU CDPNQ

Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) tient à jour sa banque de données sur les espèces menacées ou vulnérables grâce aux observations de scientifiques et de naturalistes qui parcourent le territoire, identifient les espèces et documentent les sites où elles se trouvent.

Des formulaires de rapport d’occurrence (papier ou gabarit électronique) servent à recueillir et transmettre les renseignements nécessaires à l’enregistrement d’une occurrence au CDPNQ. Si vous désirez soumettre vos observations, nous vous enverrons ces formulaires que vous pourrez remplir et nous retourner. Lorsque nous les aurons reçus, ils seront revus et vos observations seront éventuellement incorporées au CDPNQ à titre de nouvel enregistrement ou de mise à jour d’un enregistrement antérieur.

RÉFÉRENCES UTILES

Britton, N.L. et A.B. Brown. 1913. An Illustrated Flora of the Northern United States, Canada, and the British Possessions. 2nd Edition in 3 Volumes. Charles Scribner’s Sons, New York.

Lamoureux, G. 2002. Flore printanière. Collaboration à la photographie, R. Larose. Fleurbec éditeur, Saint-Henri-de-Lévis, Québec.

Lamoureux, G. et P. Nantel. 1999. Cultiver des plantes sauvages… sans leur nuire. Fleurbec éditeur, Saint-Henri-de-Lévis, Québec. 80 p.

Marie-Victorin, Fr. 1995. Flore laurentienne. 3e édition mise à jour et annotée par L. Brouillet, S. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin, éditeur. 1093 p.

NatureServe. 2003. NatureServe Explorer, an Online Encyclopedia of Life. NatureServe and the Natural Heritage Network. http://www.natureserve.org/explorer. Version 1.8, Copyright 2003.

Rousseau, C. 1974. Géographie floristique du Québec-Labrador. Distribution des principales espèces vasculaires. Travaux et documents du Centre d’études nordiques. No 7. Les Presses de l’Université Laval. 799 p.

VOTRE CONTRIBUTION EST GRANDEMENT APPRÉCIÉE.

Pour nous joindre : cdpnq@mddefp.gouv.qc.ca

Fiche rédigée par Hélène Gilbert, consultante en botanique, et éditée par Line Couillard.
Illustration tirée de Britton et Brown 1913
2005

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