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Chardon écailleux - Illustration originale de Réjean RoyChardon écailleux

Cirsium scariosum Nuttall
Famille des astéracées (famille de l’aster)
Meadow Thistle

Statut : menacée au Québec

DESCRIPTION

Plante herbacée vivace, de 25 à 100 cm de hauteur, peu ou pas ramifiée, robuste et à racine pivotante. Tige dressée, cylindrique, creuse et munie dans l’inflorescence de rameaux très courts. Feuilles de la rosette dressées, membraneuses, glabres supérieurement, sauf sur la nervure principale, profondément découpées, les lobes munis de dents prolongées par de fines épines jaune pâle; feuilles de la tige semblables, mais plus fortement dressées et vert plus pâle, les supérieures très étroites, formant autour de l’inflorescence une couronne en forme de vase. Inflorescence globuleuse de 5 à 15 cm de diamètre, constituée d’une masse serrée de capitules; corolle des fleurs pourpre pâle. Fruit : un achaine, un peu aplati, brun, mesurant de 5 à 6 mm de longueur et surmonté d’une aigrette plumeuse. Individus végétatifs en rosettes constituées de 2 à plus de 50 feuilles et mesurant de 1 à 55 cm de diamètre.

Espèces voisines : chardon mutique (Cirsium muticum).

Traits distinctifs : plante robuste vert pâle; inflorescence dépassée par les feuilles supérieures; aigrettes des achaines plus courtes que la corolle.

RÉPARTITION

DisjointeAire de répartition du chardon écailleux au QuébecAire de répartition du chardon écailleux en Amérique du Nord

Amérique du Nord : aire de répartition centrée dans l’Idaho, atteignant le sud de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, le nord de l’Utah, l’est de l’État de Washington et l’ouest du Wyoming; population fortement disjointe au Québec.

Québec : archipel de Mingan et la Grande Pointe, dans le golfe du Saint-Laurent.

Habitat du chardon écailleux - Photo Francis BoudreauHABITAT

Anses à l’abri des vents dominants, sur une étroite bande du littoral supérieur, dans un mélange de sable et de gravier, entre la forêt résineuse et une étroite bande de plantes pionnières comme l’élyme des sables, la gesse maritime et la mertensie maritime.

BIOLOGIE

Espèce qui croît en pleine lumière. Émergence des feuilles suivant la fonte des neiges (mi-mai). Floraison au début de juillet. Fleurs autogames, c’est-à-dire capables de s’autoféconder et pollinisation par les insectes. Fructification en août et dispersion des graines à proximité des individus reproducteurs. Réservoir de graines peu important dans le sol. Au moins sept ans séparent l’émergence du semis de la floraison. L’espèce se reproduit une seule fois au cours de son existence, après quoi elle meurt. Croissance en petites colonies de faible densité (0,7 à 1,2 plante par m2) composées en majorité d’individus végétatifs (rosettes). Taux de croissance des populations au Québec près de l’équilibre.

PROBLÉMATIQUE DE CONSERVATION

Le chardon écailleux - Photo Michel BoulianneLe caractère endémique et le nombre limité d’individus (près de 700 dénombrés en 1997) rendent la situation du chardon écailleux très précaire au Québec. On en connaît actuellement dix colonies distinctes, réparties sur quatre îles de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan et sur la terre ferme. Trois colonies seraient disparues et une seule possédait en 1997 un effectif supérieur à 80 individus, la taille jugée minimale pour une population viable. L’expansion de l’espèce semble limitée par son habitat restreint, sa faible compétitivité, sa fécondité réduite, la prédation de ses graines et leur faible dispersion. Bien que l’espèce fasse l’objet d’un suivi annuel par les gestionnaires de la réserve de parc national, elle est menacée par les perturbations naturelles (vagues des tempêtes) et le piétinement. Depuis février 2001, le chardon écailleux bénéficie, à titre d’espèce menacée, d’une protection juridique au Québec. Au Canada, l’espèce est présente en Alberta et en Colombie-Britannique, où elle est considérée comme menacée ou fortement menacée.

CONTRIBUTION AU CDPNQ

Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) maintient à jour sa banque de données sur les espèces menacées ou vulnérables grâce aux observations de scientifiques et de naturalistes qui parcourent le territoire, identifient les espèces et documentent les sites d’intérêt.

Des formulaires de rapport d’occurrence (papier ou gabarit électronique) sont utilisés pour recueillir et transmettre les renseignements nécessaires à l’enregistrement d’une occurrence au CDPNQ. Si vous désirez soumettre vos observations, ces formulaires vous seront acheminés afin que vous puissiez les remplir. À la réception, ils seront revus et vos observations seront incorporées ultérieurement au CDPNQ à titre de nouvel enregistrement ou de mise à jour d’un enregistrement antérieur.

Pour plus de renseignements, veuillez vous adresser au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec.

RÉFÉRENCES UTILES

Couillard, L. et D. Pelletier. 1987. Les plantes rares de l’archipel de Mingan. Environnement Canada, Service canadien des parcs, Canada, Ottawa. 95 p.

Grondin, P., L. Couillard et D. Bouchard. 1986. La flore vasculaire de l’archipel de Mingan. Rapport non publié préparé pour Parcs Canada, région de Québec, Québec.

Marie-Victorin, Fr. 1995. Flore laurentienne. 3e édition mise à jour et annotée par L. Brouillet, S. Hay et I. Goulet. Presses de l’Université de Montréal, Montréal. 1083 p.

Marie-Victorin, Fr., Fr. M. Cailloux et J. Rousseau. 1942. Le Cirsium minganense est-il une bonne espèce? Contribution du Laboratoire de botanique de l’Université de Montréal 44 : 65-72.

Moore, R.J. et C. Frankton. 1974. The Thistles of Canada. Canada Department of Agriculture, Information Canada, Ottawa. 111 p.

Morisset, P. 1971. Endemism in the vascular plants of the Gulf of St. Lawrence region. Le Naturaliste canadien 98 : 167-177.

Nantel, P. et D. Cantin. 1998. La situation du chardon écailleux (Cirsium scariosum) au Québec. Rapport préparé pour le ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec. 37 p.

VOTRE CONTRIBUTION EST GRANDEMENT APPRÉCIÉE.

Fiche rédigée par Line Couillard du ministère de l'Environnement
Février 2001

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