La contribution à la conservation de la diversité biologique se présente
sous différentes formes. La recherche afin d'augmenter nos connaissances sur la
diversité biologique dans une réserve faunique, l'expérimentation et
l'enseignement de pratiques forestières plus durables dans une station
forestière et l'éducation du public dans les jardins botaniques et zoologiques
sont autant de moyens déployés pour aider à la conservation de la diversité
biologique.
1. Aire faunique communautaire
L'aire faunique communautaire se définit comme étant un plan d'eau public
(lac ou rivière) faisant l'objet d'un bail de droits exclusifs de pêche à des
fins communautaires, dont la gestion est confiée à une corporation sans but
lucratif. Ces droits exclusifs sont donnés par la Société de la faune et des
parcs du Québec, en vertu de l'article 86 de la
Loi sur la conservation et
la mise en valeur de la faune. Le territoire visé par le bail nécessite
des mesures particulières de gestion afin d'y assurer la conservation et la
mise en valeur de la faune aquatique. Ainsi, les gens du milieu, notamment les
utilisateurs pêcheurs du plan d'eau, participent à la remise en état des
populations d'espèces sportives ou de leur habitat, ou à la préservation du
milieu. Ce concept de gestion vise l'adoption de mesures de conservation tout en
permettant une grande accessibilité au plan d'eau.
Relativement nouveau, ce mode de gestion est actuellement appliqué à
seulement deux vastes plans d'eau au Québec, soit le Lac Saint-Jean et le
Réservoir Baskatong, totalisant ainsi 1 414 km² de territoire.

2. Forêt d'enseignement et de recherche (FER)
Une forêt d'enseignement et de recherche est constituée par le ministre des
Ressources naturelles à même les réserves forestières. Elle a pour vocation
de favoriser l'enseignement pratique et la recherche appliquée en foresterie.
La gestion d'une forêt d'enseignement et de recherche est généralement
confiée à une institution d'enseignement. Ainsi, au Québec, on dénombre 16
forêts d'enseignement et de recherche. Leur superficie individuelle dépasse
rarement 40 km².
3. Forêt d'expérimentation
Une forêt d'expérimentation est constituée par le ministre des Ressources
naturelles dans le but de favoriser le progrès des sciences forestières.
Celle-ci ne doit pas excéder 500 hectares (5 km²) et elle peut, avec l'accord
du bénéficiaire du contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF),
être constituée à l'intérieur d'une unité d'aménagement. Sur le territoire
d'une forêt d'expérimentation, les seules activités d'aménagement forestier
permises sont des activités reliées à la recherche et à l'expérimentation.
On dénombre au Québec plus de 600 forêts d'expérimentation dont la
superficie cumulée n'excède pas 300 km². Les sujets d'expérimentation et de
recherche portent notamment sur des plantations, des études de régénération,
des améliorations génétiques, des pratiques forestières, les pluies acides
et autres stress environnementaux comme les épidémies de tordeuses, etc.
4. Pourvoirie avec droits exclusifs
Les pourvoiries sont des entreprises qui offrent, contre rémunération, de
l'hébergement et des services ou de l'équipement pour la pratique récréative
de la chasse, de la pêche ou du piégeage. Les pourvoiries avec droits
exclusifs sont celles qui ont l'exclusivité de l'exploitation de la faune sur
un territoire donné en vertu d'un bail de droits exclusifs de chasse, de pêche
ou de piégeage signé avec la Société de la faune et des parcs du Québec.
Les territoires qui leur sont accordés font l'objet d'une affectation faunique
particulière, au même titre que les réserves fauniques et les zones
d'exploitation contrôlée (ZEC).
On compte au Québec quelque 190 pourvoiries avec droits exclusifs. Celles-ci
couvrent près de 24 000 km² de territoire et environ 1 100 km linéaires de
rivières à saumon. La plupart d'entre elles ont une superficie de moins de 200
km², les plus petites se situant généralement près des centres urbains. Ces
dernières diversifient de plus en plus leur produit pour l’adapter aux
besoins des familles en offrant, notamment, des activités de plein air.

5. Réserve faunique
Les réserves fauniques sont des territoires voués à la conservation, à la
mise en valeur et à l'utilisation de la faune. Ces territoires sont sous la
responsabilité de la Société de la faune et des parcs du Québec, en vertu de
la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q.,
c.C-61.1). Toutefois, l'offre des activités et des services commerciaux est
principalement assurée par la Société des établissements de plein air du
Québec (SÉPAQ), sauf dans le cas des réserves fauniques situées sur des
rivières à saumon, où des organismes du milieu voient à l'offre de ces
activités et des services. La Société de la faune et des parcs du Québec
doit approuver les plans de gestion spécifique de l'utilisation de la faune
réalisés par les délégataires et assurer un suivi et un contrôle des
prélèvements de cette ressource pour chacune des réserves fauniques.
Au nombre de 22, les réserves fauniques couvrent une superficie totalisant
près de 68 000 km² et renferment près de 500 km linéaires de
rivières à saumon. On y pratique principalement des activités de chasse et de
pêche, de même que d'autres activités de plein air comme le ski de randonnée
et le canot-camping. Elles se prêtent à l'occasion à des expérimentations en
matière de foresterie ainsi qu'à des recherches sur la faune et ses habitats.
Les réserves fauniques sont des territoires du domaine public où s'effectuent
également des activités d'exploitation de ressources forestières, minières
ou hydroélectriques.
6. Station forestière
La station forestière de Duchesnay est l'unique station forestière au
Québec. Elle couvre une superficie de 90 km². Cette station est constituée
par le ministre des Ressources naturelles du Québec à même les réserves
forestières. Une réserve forestière est une aire forestière où ne s'exerce
aucun contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF), mais qui
peut néanmoins faire l'objet d'aménagements forestiers par le ministre des
Ressources naturelles. Une station forestière est créée dans le but de
regrouper sur un même territoire l'exercice de plusieurs des fonctions liées
aux forêts d'enseignement et de recherche (FER) et aux forêts
d'expérimentation. Effectivement, on compte plus de 20 forêts
d'expérimentation à la station forestière de Duchesnay. Ensemble, elles
totalisent près de 15 km² de territoire, soit 1/6 de la superficie de cette
station. Les activités d'aménagement forestier qui s'exercent dans une station
forestière comme dans toute autre réserve forestière doivent respecter la
possibilité annuelle de coupe à rendement soutenu.

7. Zone d'exploitation contrôlée (ZEC)
Une zone d'exploitation contrôlée (ZEC) est créée, par arrêté
ministériel (article 104 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur
de la faune). Ce statut est accordé lorsqu’un organisme désire s’impliquer
dans la mise en valeur et la conservation de la faune. Le potentiel faunique
doit être suffisant pour permettre la pratique de la chasse et de la pêche.
Ainsi, une ZEC fait l'objet d'un contrôle supplémentaire en matière
d'exploitation de la faune (plan de gestion, quotas de prélèvement). De plus,
elle est gérée bénévolement par des associations à but non lucratif, grâce
à une délégation de gestion par le biais d'un protocole d’entente signé
avec la Société de la faune et des parcs du Québec.
Ce territoire est dédié à des fins d'aménagement, d'exploitation ou de
conservation de la faune ou d'une espèce faunique (ex.: le saumon). Les
gestionnaires (membres usagers et organismes du milieu) voient à assurer le
suivi et le contrôle de l'exploitation de la faune et à permettre
l'utilisation récréative de la faune de façon équitable à tous les usagers.
Ils doivent aussi assurer l'autofinancement de leurs activités par l'émission
de droits d'accès journaliers, par la vente de cartes de membre et de forfaits.
Le territoire québécois comprend actuellement 84 ZEC dont 62 de chasse et
de pêche, 21 ZEC de pêche au saumon et une ZEC de chasse à la sauvagine. Ces
ZEC totalisent près de 48 000 km² et quelque 1 600 km linéaires de rivières
à saumon.
8. Zone d'interdiction de chasse (ZIC)
Les zones d'interdiction de chasse sont des sites de repos et d'alimentation
pour la sauvagine et autres oiseaux aquatiques. Ces zones sont constituées en
vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. La
chasse y est prohibée pendant toute la saison officielle de chasse en vertu de
la réglementation en vigueur. En d'autres temps, aucun statut de protection
n'est appliqué par le Service canadien de la faune. Toute autre forme
d'exploitation est possible dans ces habitats.
La pertinence de maintenir cette interdiction ou de l'appliquer à d'autres
zones est régulièrement révisée par le Service canadien de la faune. Les
zones d'interdiction de chasse n'ont donc pas le caractère permanent des
refuges d'oiseaux migrateurs.
Au Québec, il y a actuellement 14 ZIC. Elles sont toutes situées dans le
fleuve et le golfe du Saint-Laurent, sauf trois qui se trouvent en Montérégie
et en Estrie.