Quelque 1 100 aires protégées se répartissent dans 17
désignations québécoises. Les principales aires ont été nommées dans la
section précédente selon la classification de l'UICN (1994). Cette section
servira à dresser une liste complète des aires en fonction des expressions les
plus utilisées au Québec. Nous ferons une brève description de ces
désignations quant à leurs vocations, caractéristiques et activités qui y
sont pratiquées.
1. Habitat d'une espèce menacée ou vulnérable
Les habitats d’espèces menacées ou vulnérables
concernent tant les espèces désignées que les espèces susceptibles d’être
désignées, en conformité avec la
Loi sur les espèces menacées ou
vulnérables (L.R.Q., c.E-1201). Mentionnons qu’une espèce est
considérée menacée lorsque sa disparition est appréhendée et vulnérable
lorsque sa disparition n’est pas appréhendée.
À ce jour, 19 espèces floristiques ont été désignées
menacées ou vulnérables. Pour 13 de ces espèces, 27 habitats sont identifiés
au règlement. Des restrictions sévères s’appliquent aux activités pouvant
être exercées dans ces habitats; sauf pour les exceptions prévues au
règlement, toute activité d’exploitation des ressources (faunique,
forestière, minière, énergétique) ou même d’exploration est interdite.
Par conséquent, nous classons chacun de ces habitats dans la catégorie Ia.
Toutefois, la majorité de ceux-ci se retrouvent déjà à l’intérieur d’aires
protégées (parc national, parc québécois, réserve écologique) appartenant
parfois à une autre catégorie de l’UICN; cela constitue ainsi une enclave de
protection spécifique de sévérité plus grande.
Peuvent aussi être considérés comme habitats d’une
espèce menacée ou vulnérable, les habitats qui abritent une espèce
désignée ou susceptible de l’être, tels que : a) une aire administrée
par une entente de conservation, et b) une aire incluse dans une autre aire
protégée. Par exemple, on trouve de ces habitats dans plus de 150 aires
protégées, tels des habitats fauniques, des refuges d’oiseaux migrateurs,
des réserves écologiques et des parcs municipaux. Dans ces cas, les habitats
situés à l’intérieur d’aires protégées se voient attribuer la même
catégorie de l’UICN.

2. Habitat faunique
On accorde à ce milieu une importance particulière
puisqu'une ou plusieurs espèces y accomplissent une étape essentielle de leur
cycle vital. Le
Règlement sur les habitats fauniques de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., chapitre c-61.1), en
vigueur depuis 1993, permet de conserver plusieurs milieux qui se trouvent sur
les terres publiques en ayant le pouvoir d'autoriser ou non, au préalable, une
activité. Près de 700 habitats ont été cartographiés à ce jour et ils
bénéficient de mesures diverses de protection. Sur les 11 types d'habitats
décrits au règlement, seuls l'habitat du poisson et l’habitat d'une espèce
faunique menacée et vulnérable n'ont pas l’obligation d’être
cartographiés.
La désignation d'un habitat faunique vise, généralement,
à protéger l'habitat d'une espèce ou d'un groupe d'espèces particulier.
Ainsi, selon les besoins vitaux de l'animal ou la vulnérabilité face au
dérangement, la réglementation sera plus restreignante lors de certaines
périodes critiques (nidification, hivernage). En dehors de ces périodes, on
peut exercer, dans de nombreux cas, des activités liées à l'exploration des
ressources naturelles ainsi que des activités d'aménagement forestier, dans la
mesure où ces activités ne nuisent aucunement à l'espèce visée. Toutes ces
activités sont assujetties à certaines conditions prévues par règlement sur
les habitats fauniques. On peut également y exploiter la faune (chasse, pêche,
piégeage).
A priori, nous convenons que toute forme
d'exploitation du milieu à l'intérieur d'un habitat faunique ne doit pas
contrevenir à l'objectif premier des aires protégées. Cette prémisse
pourrait toutefois être réfutée à la suite d'une analyse plus fine de chacun
des habitats fauniques. Pour les fins de ce travail, à l’exception de l’habitat
du poisson, leur classement à l'intérieur des catégories de l'UICN s'est
effectué par groupe d'habitats (aire de concentration d'oiseaux aquatiques,
colonie d'oiseaux sur une île ou une presqu'île, héronnière, aire de
confinement du cerf de Virginie, etc.). Par conséquent, en raison des
activités de prélèvement possible des ressources, la plupart des types
d'habitat faunique ont été classés dans la catégorie VI. Toutefois, pour les
colonies d'oiseaux sur falaise, des conditions environnementales ou
réglementaires particulières ont pour effet de les soustraire à toute
intervention humaine; ainsi, la catégorie Ia leur a été attribuée. Les aires
de confinement du cerf de Virginie ont pour leur part été classées dans la
catégorie IV à cause de l'intervention humaine active (aménagement sylvicole)
que doit nécessiter ce type d'habitat pour se maintenir.
Règle générale, l’habitat du poisson n’est pas
considéré comme une aire protégée puisque les multiples activités qui s’y
pratiquent ne rencontrent pas les critères de classement de l’UICN (1994).
Par contre, l’habitat du poisson des lacs et cours d’eau à l’intérieur d’une
aire protégée se voit attribuer la même catégorie de l’UICN que l’aire
elle-même, à moins d’une exclusion formelle. En d’autres mots, les plans d’eau
du Québec se voient habituellement accorder ou non un statut de protection
selon l’affectation du territoire environnant.

3. Milieu marin protégé
Les milieux marins protégés visent la conservation et la
protection des ressources marines vivantes et de leur habitat. Au Québec, le
parc marin du Saguenay—Saint-Laurent est l’unique milieu marin protégé. Ce
parc a été créé en vertu d’une entente Canada - Québec dont la mise en
oeuvre a été confiée au ministère du Patrimoine canadien et de la Société
de la faune et des parcs du Québec. Une loi québécoise spécifique a été
adoptée pour la création de ce parc, comme ce fut aussi le cas pour le
gouvernement du Canada.
La conservation des ressources naturelles et des
écosystèmes marins constitue le principal objectif du parc marin du Saguenay—Saint-Laurent. Certaines activités comme l’exploitation minière sous-marine,
l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, et le déversement en
mer sont interdites. Par ailleurs, de nombreuses autres activités,
consommatrices et non consommatrices, peuvent s’y pratiquer, telles que la
pêche, la récolte de mollusques, la plongée sous-marine et la navigation de
plaisance. A priori, ces activités sont jugées compatibles avec la
dimension de conservation. Les objectifs de gestion du parc marin ont motivé le
classement de ce site dans la catégorie II de l’UICN. Toutefois, des
informations additionnelles sur les activités permises pourraient justifier,
éventuellement, une révision de ce classement.

4. Milieu naturel protégé par une institution scolaire
Le seul milieu naturel protégé par une institution scolaire
qui puisse également être considéré comme une aire protégée est le Centre
de conservation de la nature du Mont-Saint-Hilaire. Appartenant à l'Université
McGill, ce site exceptionnel détient également les statuts de « Réserve
de la biosphère » et de « Refuge d'oiseaux migrateurs ».
Près de la moitié (5 km2) de ce site est dédiée exclusivement à
la protection intégrale et à la recherche scientifique (catégorie Ia);
l'autre portion est accessible aux visiteurs pour leurs loisirs, dont la
randonnée pédestre (catégorie III).
5. Parc de la Commission de la capitale nationale (Canada)
La Commission de la capitale nationale (Canada) est un
organisme paragouvernemental fédéral. Cet organisme administre, notamment, le
parc de la Gatineau (catégorie II). Celui-ci s'est doté d'une triple vocation
de conservation, d'interprétation et de récréation qui s'accompagne d'un plan
de zonage divisant le territoire en cinq secteurs. La faune, la flore et les
ressources géologiques y sont protégés. Ainsi, toute forme de chasse est
interdite, de même que toute forme de cueillette, de prélèvement ou de
modification de l'environnement naturel. Selon les secteurs désignés, le
camping, la baignade, le cyclisme, la randonnée pédestre et les sports d'hiver
sont permis.

6. Parc d'intérêt récréotouristique et de conservation
Il existe une trentaine de ces parcs au Québec,
généralement de très petite superficie (< 5 km2). Le
tiers d'entre eux contient des éléments naturels exceptionnels du fait de leur
qualité esthétique (chute d'eau, gorge). Les boisés naturels et les
marécages situés à proximité des milieux urbanisés constituent cependant
l'essentiel des parcs d'intérêt récréotouristique et de conservation. Les
municipalités, principaux gestionnaires de ces parcs, veillent à leur
conservation et à leur mise en valeur grâce à des activités éducatives et
récréatives. Ils font partie de la catégorie III de l'UICN.
7. Parc et lieu historique national
Un lieu historique national est un endroit désigné à cause
de son importance dans l'histoire du pays. Ces lieux historiques sont créés en
vertu de lois fédérales, notamment, de la Loi sur les lieux et monuments
historiques (S.R.C., ch. H.4). Cela n'en fait pas automatiquement une aire
naturelle protégée puisque la vocation de conservation d'éléments naturels
doit composer avec la vocation historique d'un tel site et représenter une
superficie importante.
Au Québec, une île de l'archipel de Montmagny, nommée « La
Grosse Île », est un bel exemple de lieu historique national. L'île
est majoritairement boisée, représentative de l’érablière laurentienne.
Elle est également riche d'un patrimoine historique car elle fut jadis l'île
de la quarantaine pour les immigrants et, par la suite, pour les animaux
domestiques.
Cette île a été acquise par Parcs Canada et est
administrée par la Corporation de la mise en valeur de La Grosse Île. Les
activités récréotouristiques sont contrôlées. Les espaces aménagés
(cimetières et bâtiments) couvrent moins du tiers de l'île. Celle-ci fait
partie de la catégorie III de l’UICN.

8. Parc national et réserve de parc national
La constitution des parcs nationaux relève de l'autorité du
gouvernement fédéral. Ceux-ci sont créés en vertu de la Loi sur les parcs
nationaux (S.R.C., c.N-13). De plus, la
Loi sur le parc Forillon et ses
environs (L.R.Q. c.P-8), ainsi que la
Loi sur le parc de la Mauricie et
ses environs (L.R.Q., c.P-7), autorisent le gouvernement du Canada de la
libre jouissance des lieux. La création de parcs nationaux vise à conserver
des milieux naturels représentatifs de grandes régions naturelles canadiennes
pour le bénéfice des générations actuelles et futures, et à favoriser des
activités de plein air, d'éducation et d'interprétation de la nature. Cet
objectif de gestion permet de classer ces aires protégées dans la catégorie
II de l'UICN.
À l'exception de la pêche sportive, aucune forme
d'exploitation et de prélèvement des ressources n'est permise à l'intérieur
du périmètre d'un parc national. La préservation de l'intégrité écologique
est donc un objectif prioritaire dans les parcs nationaux alors que l'aspect
récréatif vient au second plan.
9. Parc québécois
Les parcs québécois sont sous l'autorité de la Société
de la faune et des parcs du Québec et sont créés en vertu de la
Loi sur
les parcs (L.R.Q., c.P-9). Ils se partagent en deux grandes
catégories : les parcs de conservation et les parcs de récréation. Les
premiers sont voués à la conservation et la protection permanente de
territoires représentatifs des régions naturelles du Québec ou de sites
naturels à caractère exceptionnel (Miguasha,
Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé), tout en les rendant accessibles au public
à des fins d'éducation et de récréation extensive. Les parcs de récréation
visent également à protéger des territoires représentatifs du patrimoine
naturel québécois tout en favorisant la pratique d'une variété d'activités
récréatives de plein air (ski de fond, ski alpin, randonnée pédestre, etc.);
les aménagements récréatifs plus élaborés ne constituent qu'une petite
portion de l'aire totale protégée.
Toute forme de prospection, d'utilisation et d'exploitation
des ressources forestières, minières ou énergétiques, de même que la chasse
et le piégeage sont prohibés à l'intérieur d'un parc québécois. Le passage
d'oléoduc, de gazoduc et de ligne de transport d'énergie y est aussi interdit,
à moins que ces équipements ne soient en place avant la constitution du parc.
En matière de prélèvement des ressources, seules la pêche et la cueillette
de produits végétaux comestibles sont autorisées. Ces deux activités sont
toutefois assujetties de conditions et de restrictions d'utilisation.

10. Parc régional urbain
Les parcs régionaux urbains, désignés à ce jour, sont des
territoires protégés au sens de l'article 156 de la
Loi sur la communauté
urbaine de Montréal (L.R.Q., c.C-37.2). Situés sur l'île de Montréal,
ils sont aussi connus sous l'expression de « parcs-nature ».
Bien que la Communauté urbaine de Montréal possède neuf de ces parcs,
uniquement sept d'entre eux sont qualifiés d'aires naturelles protégées
(catégorie III); seuls ces parcs possèdent une aire naturelle prépondérante
(boisé, marécage, cours d'eau) à l'intérieur de leur aire protégée.
Ces aires d'une importance exceptionnelle du fait de leur
richesse en diversité biologique et de leur rareté en milieu urbain sont
administrées aux fins de conservation et d'éducation. L'accès au public est
libre mais les aménagements récréatifs sont restreints. La plupart de ces
parcs sont situés en périphérie de l'Île de Montréal ; la pêche
récréative est donc permise dans les eaux fluviales pour deux d'entre eux (de
l’Anse-à-l'Orme et du Bois-de-l'Île-Bizard).
11. Refuge d'oiseaux migrateurs
Les refuges d'oiseaux migrateurs sont créés en vertu de la Loi
sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (S.R.C., c.M-7). Bien
que les territoires appartiennent au gouvernement du Québec, ils sont
administrés par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada et ont
pour but de protéger les oiseaux migrateurs et les lieux importants de
rassemblement durant la migration et la reproduction. La réglementation
interdit la chasse et l'exercice d'une activité nuisible aux oiseaux
migrateurs, à leurs œufs, à leurs nids ou à leur habitat, à moins de
détenir un permis délivré à ces fins. Par activité nuisible, on entend
notamment toute forme d'exploitation des ressources et d'occupation du sol. Les
besoins de protection des oiseaux migrateurs peuvent conduire jusqu'à l’interdiction
de l'accès aux refuges.
Vingt-sept refuges d'oiseaux migrateurs sont qualifiés
d'aires naturelles protégées au Québec. Ils ont des superficies fort
variables, allant de 0,17 à 113 km2. Mis à part les refuges de
la Baie Boatswain, du Mont-Saint-Hilaire et de Philipsburg, tous sont situés le
long du fleuve et du golfe du Saint-Laurent. Certains refuges d'oiseaux
migrateurs bénéficient d'une protection supplémentaire du fait qu'ils sont
rattachés à d'autres désignations québécoises (parc national, parc
québécois, réserve nationale de faune). Ceci explique, en bonne partie, le
classement non uniforme de ces refuges à l'intérieur des catégories de l'UICN
puisque nous en retrouvons dans presque toutes les catégories, principalement
dans les catégories I et III.

12. Refuge faunique
Il s'agit d'une unité territoriale constituée en vertu de
la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q.,
c.C-61.1). Celle-ci vise à reconnaître la valeur exceptionnelle de certains
habitats de qualité et à assurer leur conservation, en permettant notamment de
fixer des conditions d'utilisation particulières et très spécifiques pour ces
sites.
Ces refuges ont de petites dimensions et peuvent se retrouver
dans des lieux tant publics que privés. Les activités récréatives liées à
la faune y sont permises dans la mesure où elles sont compatibles avec les
objectifs de création du refuge faunique.
À ce jour, le Québec a désigné cinq refuges fauniques,
habitats de qualité uniques à l'échelle régionale ou provinciale et
supportant une faune riche et diversifiée. Au-delà de la protection accordée
à tout habitat faunique, le statut de refuge faunique permet, en outre, d'en
préserver l'intégrité et de reconnaître sa grande valeur.
Après une étude cas par cas, ces cinq refuges furent
classés dans trois catégories différentes de l'UICN. Seul celui du
Barachois-de-Carleton n'est soumis à aucune exploitation de ressources ni
d'activités récréotouristiques (catégorie III). Par ailleurs, on doit
intervenir activement, par l'endiguement, pour préserver l'habitat du refuge
faunique Marguerite-D'Youville (catégorie IV). Enfin, la chasse sportive à la
sauvagine est permise, à l'automne, à l'intérieur du refuge faunique de la
Grande-Île et de la Pointe-de-l’Est (catégorie VI).
13. Réserve écologique
Les réserves écologiques sont constituées par décret
gouvernemental en vertu de la
Loi sur les réserves écologiques (L.R.Q.,
c.R-26.1) du ministère de l'Environnement du gouvernement du Québec. On compte
actuellement 58 réserves et l'objectif principal est la conservation intégrale
et permanente d'échantillons de milieux terrestres et de milieux humides
représentant la diversité de la richesse écologique et génétique de notre
patrimoine naturel. En plus de garantir la protection de milieux naturels, les
réserves écologiques visent des objectifs de recherche scientifique,
d'éducation et de sauvegarde des espèces menacées ou vulnérables de la flore
et de la faune.
De tous les territoires protégés, le statut de réserve
écologique est certes celui qui présente les restrictions et les prohibitions
les plus sévères. Les réserves écologiques sont soustraites à toute forme
d'exploration, d'exploitation des ressources naturelles et d'occupation du sol.
L'accès aux réserves écologiques est limité aux activités de gestion, de
recherche ou d'éducation et doit faire l'objet d'autorisations spéciales qui
visent à assurer l'intégrité écologique de ces sites.
Les réserves écologiques constituent, de plus, un point de
référence pour évaluer les effets sur l'environnement des activités humaines
sur le territoire québécois. Dans un objectif de développement durable, cet
outil de connaissance est essentiel pour une meilleure utilisation du territoire
régional et de ses ressources.
Ces réserves ont une superficie ne dépassant généralement
pas 10 km2. Elles présentent toutes des caractéristiques
écologiques distinctives : une île, un marécage, une tourbière, une forêt,
un bassin hydrographique, etc. Toutes ces réserves sont classées dans la
catégorie Ia de l'UICN.

14. Réserve nationale de faune
Une réserve nationale de faune est créée par le
gouvernement fédéral pour protéger un habitat spécial considéré comme
essentiel à la survie de diverses espèces d'oiseaux migrateurs, d'animaux et
de plantes du Canada. Ces réserves sont administrées par le Service canadien
de la faune d'Environnement Canada et sont protégées en vertu de la Loi sur
les espèces sauvages du Canada (L.R. (1985) ch W/9).
Ces réserves sont constituées en grande partie de milieux
humides diversifiés (marais, marécages, lagunes, plaine côtière) et très
productifs. Des espèces tels la grande oie des neiges, le canard noir, le
canard chipeau, l'eider à duvet, le tournepierre à collier et même des
espèces rares tels le pluvier siffleur et le grèbe cornu trouvent en ces
milieux des habitats essentiels à leur survie. Évidemment, elles abritent
nombre de plantes susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.
Pour l'ensemble des réserves nationales de faune - on en
compte huit au Québec - l'exploitation forestière et énergétique n'est pas
permise. Toutefois, l'utilisation récréative de la faune (chasse sportive) et
l'utilisation récréotouristique varient d'une réserve à une autre. Les
réserves où la chasse aux oiseaux migrateurs est autorisée, soit la
majorité, ont été classées dans la catégorie VI de l'UICN. Par ailleurs,
les réserves des Îles-de-la-Paix et de Pointe-au-Père connaissent une
activité récréotouristique plus importante (catégorie III) que la réserve
nationale de faune des Îles-de-l'Estuaire (catégorie Ia). À noter que les
réserves nationales de faune de l'Isle-Verte, des Îles-de-la-Paix et des
Îles-de-l'Estuaire sont, en partie ou en totalité, incluses dans des refuges
d'oiseaux migrateurs.
15. Rivière à saumon (bande riveraine)
Au Québec, il existe 162 rivières, auxquelles s’ajoutent
une trentaine de lacs et de ruisseaux, qui ont été désignées rivières à
saumon en vertu du Règlement de pêche du Québec (1990). Ce statut s’applique
à la portion de rivière ou de ses tributaires accessible au saumon, soit jusqu’à
un obstacle infranchissable connu. Près de 75 % des rivières à saumon se
trouvent sur la Côte-Nord (incluant l’Île d’Anticosti) et en Gaspésie. L’exploitation
de cette ressource fait l’objet d’un contrôle et d’un suivi par la
Société de la faune et des parcs du Québec. De plus, afin de préserver la
qualité de cet habitat, les bandes riveraines sont habituellement protégées
sur une largeur de 60 mètres de chaque côté de la rivière en vertu de la
Loi
sur les forêts (L.R.Q., c.F-4.1, art. 28.2). Notamment, on ne peut y
effectuer d'activités d'aménagement forestier sans l’autorisation du
ministre des Ressources naturelles du Québec. La superficie estimée de ces
bandes riveraines a été comptabilisée parmi les superficies protégées.
Puisque l'utilisation des autres ressources, notamment
fauniques, est permise à l'intérieur d’une rivière à saumon, nous avons
classé cette aire protégée dans la catégorie VI de l'UICN.

16. Site protégé par la Fondation de la faune du Québec
La Fondation de la faune du Québec est un organisme sans but
lucratif qui relève du ministre responsable de la Faune et des Parcs. La
majeure partie des revenus de la Fondation provient de la vente des permis de
chasse et de pêche. Celle-ci procède à l'achat de terres à des fins de
protection et contribue à des projets d'aménagement pour remettre en bon état
des sites dégradés.
La Fondation contribue également au financement de plusieurs
projets réalisés par des sociétés de conservation privées. À ce titre,
plus de la moitié des 27 sites protégés font l'objet d'une entente conclue
avec les propriétaires concernés.
Les sites protégés par la Fondation sont soustraits à
l'exploitation forestière, minière, gazière et énergétique (incluant la
tourbe). Toutefois, la chasse est permise sur la majorité des sites, ce qui
justifie leur classement dans la catégorie VI de l'UICN. Par ailleurs, certains
marais nécessitent une intervention active telle que l'endiguement ou
l'ensemencement de terres agricoles afin de maintenir leur productivité; il en
va ainsi pour Baie-du-Febvre, Marguerite-D'Youville et le marais
Léon-Provancher. Ces derniers sont classés dans la catégorie IV de l'UICN.
17. Site protégé par une charte d'organisme privé
Les organismes privés sont constitués de sociétés et de
fiducies foncières vouées à la conservation de milieux naturels. Ces milieux,
majoritairement des petites îles dans le bassin du Saint-Laurent, sont
protégés en vertu d'ententes signées garantissant leur vocation de
conservation à perpétuité. Pour 60 % de ces aires, leur protection est
telle (aucune exploitation de ressources, aucune activité récréotouristique)
qu'il est justifié de les classer dans la catégorie Ia de l'UICN. De plus,
quelques sites jouissent d'une protection supplémentaire assurée, soit par la
Fondation de la faune du Québec, soit par le Service canadien de la faune
(refuge d'oiseaux migrateurs) ou encore par la Société de la faune et des
parcs du Québec (refuge faunique).