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Le programme de surveillance de la qualité de l'airÉvolution du réseau
Au Québec, les premières mesures de la qualité de l’air sont réalisées par la Ville de Montréal vers le milieu des années 1960. Quelques années plus tard, au début des années 1970, le gouvernement du Québec, par l’entremise des Services de protection de l’Environnement du Québec, met en place un véritable réseau québécois de mesure de la qualité de l'air. Connu sous le nom de Programme de surveillance de la qualité de l'atmosphère (PSQA), il cible prioritairement les installations industrielles et les zones urbanisées où la densité de la population est élevée. À partir de 1988, on constate que les problèmes atmosphériques, et particulièrement celui de l’ozone au niveau du sol, dépassent les frontières des villes. La mise en place d'un réseau de stations de mesure en milieu rural devient alors nécessaire. Plus récemment, la pertinence du programme est renforcée par la diffusion d’études qui montrent qu’il existe un lien significatif entre la santé de la population, le smog (composé principalement d’ozone et de particules fines en suspension) et la pollution de l’air en général1. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) présente les impacts sanitaires des principaux polluants composant le smog sur son site Internet. L’évolution des principaux paramètres mesurés par le réseau de surveillance entre 1996 et 2005 reflète les changements et les adaptations que celui-ci a subis afin de répondre aux enjeux émergents ou aux préoccupations qui se sont modifiées au cours de la période (figure 1).
Depuis quelques années, le PSQA intègre les données provenant d’Environnement Canada ainsi que celles obtenues grâce à des partenariats avec certaines industries ou associations industrielles, en plus des données mesurées sur le territoire de l’île de Montréal. ObjectifsLes objectifs poursuivis par le PSQA sont nombreux et diversifiés :
Réseau actuelLe réseau actuel se compose de 76 stations de mesure, dont 59 sont exploitées par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 14 sont situées sur le territoire de l’île de Montréal et exploitées par la Ville de Montréal, 3 sont exploitées par Environnement Canada, 2 le sont en collaboration avec le fédéral et 4 résultent d’une collaboration entre des industries ou des associations industrielles. Ces stations sont réparties dans 57 municipalités, 41 MRC et 15 régions administratives. Les mesures prises à ces stations sont de deux types : les mesures en continu et les mesures séquentielles. Dans le premier cas, l’air est mesuré en continu par un instrument. Une valeur moyenne est produite toutes les quatre minutes dans le cas des polluants gazeux et toutes les heures dans le cas des particules fines. Dans le second cas, des échantillons sont prélevés sur des périodes relativement longues, le plus souvent de 24 heures, selon un calendrier prédéterminé. Le réseau compte 57 sites du premier type où sont mesurés certains polluants à l’aide d’analyseurs en continu : le dioxyde de soufre (SO2), l’hydrogène sulfuré (H2S), le monoxyde de carbone (CO), les oxydes d’azote (NOx), l’ozone (O3) et les particules fines en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PF). Le réseau compte aussi 54 sites où des échantillons séquentiels sont prélevés. Le réseau comporte 35 stations où les deux types de mesures sont effectués simultanément. Ces stations permettent de produire des portraits statistiques et biens d’autres projets comme celui de l’Indice de la qualité de l’air.La mesure des concentrations des particules en suspension totales (PST) et des PS10 (particules en suspension de diamètre inférieur à 10 microns) consiste en un échantillonnage d’une durée de 24 heures effectué systématiquement tous les 6 jours. Des quantifications de la nature des particules (sulfates : SO4, nitrates : NO3) ainsi que de certains métaux (arsenic, cadmium, plomb, etc.) sont aussi faites à certaines stations à partir de ces échantillons de particules. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les dioxines et les furannes sont aussi analysés à quelques sites d’échantillonnage. Toutes ces analyses sont faites par le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ) du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Une description des méthodes d’échantillonnage et d’analyse est présentée à l’annexe 1. En plus des 76 stations qui composent le réseau d’échantillonnage (tableau 1,
Dans le cadre des activités du réseau national pancanadien de surveillance des polluants atmosphérique (RNSPA), certains polluants toxiques sont mesurés sur le territoire québécois avec le concours d’Environnement Canada, qui procède à l’analyse des échantillons à son laboratoire d’Ottawa. On compte 9 stations de mesure pour les composés organiques volatils (COV), 5 stations pour la mesure des particules fines et leur caractérisation (les particules sont prélevées à l’aide d’échantillonneurs dichotomiques) ainsi que 3 stations pour des analyses de HAP, de dioxines et de furannes. Le prélèvement des échantillons est fait par l’un ou l’autre des 3 principaux partenaires, soit Environnement Canada, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et la Ville de Montréal. 1 D. Suzuki, À bout de souffle, mai 1999 | |||||